jeudi 11 novembre 2010

Swakopmund, ou la possibilité d’une île

Pour parler de la Namibie, il faut parler des hommes. Et ils sont rares dans ce pays lunaire, plus vaste que la France, qui dispute a la Mongolie, aux Iles Christmas et a l`Australie le rang de pays le moins peuplé au monde (moins de 2 hab/km2). Swakop pour les initiés, Swakopmund c’est, tout comme Lüderitz ou Walvis Bay, un peu de Bavière au milieu du désert : une enclave étonnante et rassurante entre mer et désert où, sous l’impulsion des colons allemands, sont parvenus à s’implanter des hommes. Ces villes sont sous la menace constante du somptueux mais oppressant désert Namibien. Il est omniprésent. La ville est séparée du sable par un muret à l’image d’une digue, complété d’un espace d’une dizaine de mètres terminé par une rangée d’arbustes soigneusement entretenus car cassant le vent du désert. Derrière cette frêle muraille se cache la route qui relie les hommes.

Les hommes… En Namibie, la cohabitation noirs / blancs est apaisée (en tout cas plus qu’en Afrique du Sud) malgré une histoire tourmentée. Ici, point de barrières et d’agents de sécurité devant chaque résidence. Et pourtant on se demande de quoi il est possible de vivre. C’est historiquement la volonté de disposer d’un port pour alimenter les colonies africaines qui a conduit au développement de Walvis Bay. Mais la ville sera rapidement conquise par les anglais, et les allemands ne parviendront pas à la reprendre. De dépit, ils fonderont Swakopmund un peu plus au nord. Un peu plus désert surtout.
Aujourd’hui Swakopmund vit principalement des richesses minières du désert. L’uranium et le diamant. Mais l’uranium vous me direz…. c’est un peu la France, non ? Eh oui, la langue de Molière est bien vivante à Swakop grace à l’implantation d’Areva.

Nous avons eu la chance de rencontrer quelques uns de la poignée de français en exil volontaire dans ce bout du monde. Ils ne reçoivent que peu de visites de l’hexagone, les billets d’avion (pour l’Afrique du Sud d’abord, puis une correspondance pour la Namibie) depuis l’Europe étant très chers. Mais ils ont l'enthousiasme et la flamme de ceux qui construisent le monde au fond des yeux. Paul et Béatrice sont en VIE en contrôle de gestion, Raphael est stagiaire pour un an, Benoit est ingénieur et dirige une équipe de mineurs… Tous, ils vivent une vie aux antipodes du français métropolitain moyen. La mine est à 1h45 de piste avalée chaque matin dans le bus d’entreprise. Les équipes sont multiculturelles et la concurrence (par les chinois notamment) va croissante. Le travail est dur dans ce monde sec de pierres et de machines excavatrices géantes pour fouiller la terre.
Mais pour tous, la Namibie au-delà des challenges techniques et humains, c’est aussi et surtout la vie exaltante de l’Afrique. Les couleurs sont eblouissantes : couchers de soleil enflammés sur les dunes, contrastes des ocres, jaunes et pourpres avec le vert des rares plantes...

Le charme de l’Afrique est partout, depuis les statues et tissus afros ornant les murs des constructions typées allemandes jusqu’aux rires et aux accents chantants des caissières des commerces. Les paysages sont des absolus aux noms évocateurs : côte des squelettes, delta de l’Okavango, désert du Namib, desert du Kalahari, monts du Brandberg... La variété et la beauté des animaux sauvage est elle-aussi déconcertante : impalas, autruches, koudous, coyottes, springboks et oryx vivent au milieu des dunes à l'ouest du pays et éléphants du desert et rhinoceros noirs en peuplent l'est…
Bien qu'ils ne soient pas parvenus à rapporter des magnifiques cornes torsadées des koudous (de toutes façons impossibles à importer en France), les Lafko boys l’ont testé pour vous, l'accueil des exilés de Swakopmund vaut tout l'or du monde!

6 commentaires:

Anne So a dit…

Une fois de plus, ça donne envie de découvrir ce pays et ses habitants... continuez à en prendre plein les yeux ! Je vous embrasse.

Clémence a dit…

Ouaouh...on s'y croirait presque...!!!

Sauf que, quand on regarde au-dessus de nos écrans, on voit, non pas un coucher de soleil flamboyant derrière la brousse, mais... des immeubles gris empreints d'une brume froide !!!


Merci pour ce récit, si bien écrit...

Continuez d'écrire, ca nous évade le temps d'une courte pause !

Marie S a dit…

Si si, tout dépend où l'on travaille, en Bretagne on voit des lumières incroyables surtout après la formidable tempête que l'on a eu, c'est sublime!

Jean-Gabriel a dit…

La diversité des regards donne à ces récits des éclairages variés tout à fait intéressants; ainsi de certains épisodes repris par un autre "conteur". On ne s'en lasse pas.

Anne-Françoise a dit…

Est ce que je t'ai déjà dit à quel point tu écrivais bien, Ô Guillaume?!
Merci pour vos récits maritimes ou terrestres, c'est toujours un bonheur!
Bizouilles aux Lafko boys!
Framboise

Labédie-Simonnot a dit…

Humour, (amour), poésie, interaction, tout est merveilleux dans ces pages du fabuleux voyage des Lafkoboys ! Merci.

Le CM

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