Il s'en est passé des choses pendant cette traversée, plus fortes encore que celles décrites dans le précédent article.
Lafko est une entreprise aux multiples facettes. Tout d'abord, c'est une aventure humaine, un défi de quelques amis qui nous amène à traverser des océans, passer un ou plutôt des caps. Des amitiés qui nous poussent à accomplir ensemble ce projet, en partageant toutes les joies et découvertes et en surmontant, ensemble aussi, les épreuves.
Ça a donc été un cap de déposer Fred et Antoine à Madagascar. Après presque 5 mois passés ensemble dans l'Indien, c'est une page qui se tourne. Ce sont des amitiés qui ont été burinées par le vent et la mer. Et c'est maintenant qu'il faut se séparer. Vous êtes toujours un peu à bord. Allez les gars, on se retrouvera autour d'une table dans notre belle France.
Force des sentiments qui se révèlent lorsque ceux que vous appréciez ne sont plus là.
Et l'aventure continue et repart de plus belle vers d'autres terres.
Le voyage au long cours n'est pas inné. Il s'apprend, comme beaucoup de choses. Et assez curieusement, nous avons eu le sentiment fort que le "métier" commençait à rentrer. Il y a eu comme un petit déclic, où après quelques jours de navigation depuis Majunga, nous avons senti, Florent partageant le même avis, que nous ne faisions plus qu'un avec le bateau, et que nous étions complètement adaptés au voyage, à la navigation hauturière pendant des jours et des jours. Comme si la greffe avait pris. Avec le départ des précédents équipiers, et le fait que nous restions à bord, nous avons eu le sentiment d'être un peu comme des fossiles vivants inséparables de Lafko, ou des berniques accrochés à la coque pour un moment. Curieuse impression. Mais la greffe ayant pris, c'est agréable de voir que nous nous sommes bien adaptés et que cet état pourrait durer... longtemps. Longtemps comment diriez-vous ? Hum... ne pensez vous pas que le Pacifique nous tend les bras ?!! Non, ne vous inquiétez pas, c'est juste pour rire, des êtres chers nous attendent en France, famille et amis, et nous comptons bien les retrouver.
Une autre facette de l'aventure a brillé en rejoignant l'Afrique du Sud. Celle du défi nautique et sportif. Quelle n'est pas la joie d'un montagnard qui franchit les étapes exigeantes de son ascension, en chemin vers le sommet qu'il s'est fixé ? Les derniers jours de cette navigation ont été plus éprouvants que la moyenne, mais la joie d'un équipage soudé dans les épreuves et à l'arrivée et la satisfaction d'avoir rejoint l'étape en ayant navigué au milieu des éléments qui grondaient, nous réchauffent le cœur.
Nous avons chacun des variations dans les motivations qui nous ont poussées sur Lafko.
S'il y en a une qui a été forte pour moi, c'est bien celle du défi qui force à repousser ses limites.
Grandir et découvrir. Et les occasions sont nombreuses.
samedi 25 septembre 2010
dimanche 19 septembre 2010
Lafko, voilier d'acier...
Après ces quelques semaines passées à Madagascar, il est temps de mettre les voiles pour le sud. Le vrai. Cap sur l'Afrique du Sud.
Certains équipiers devant nous quitter, c'est sans gaité de cœur que nous déposons sur la côte Antoine, Marie et Damien le 28 Aout, puis Fred et Laure à Majunga le 2 septembre. Merci pour ce que vous êtes, merci pour ce que vous avez été sur Lafko. Vous nous manquez déjà.
Thibaut nous ayant rejoint le 2, nous serons donc 3 pour la traversée de Majunga, Madagascar à
Richards Bay, Afrique du Sud. Soit 1200 milles à parcourir dans des conditions qui s'annonceront... variables.
Les premiers jours se déroulent plutôt calmement, voire trop. Le vent est faible, l'allure pas mieux, mais la vie à bord bat son plein. Après la prière d'équipage, la pêche à l'irridum est plutôt fructueuse, 7 à 8 messages reçus sur notre téléphone satellitaire, ce qui est un réel plaisir en traversée. Thibaut se propose en concurrent unique d'un concours de crêpes, et se voit attribuer à l'unanimité, la palme de la crêpe ! Le lendemain, un poisson volant téméraire ayant fini sa route sur le pont du bateau, finira définitivement son parcours en filet dans la poêle, et c'est rudement bon ! Le soir, un poisson nous a arraché le leurre de la canne. Fil sectionné. En imaginant sa taille ou sa puissance, c'est peut-être mieux ainsi, il nous a laissé la canne...
Pour gagner un peu de temps, nous arrondissons notre route vers la cote africaine, pour essayer d'attraper le courant marin du canal du Mozambique qui ajouterai de 1 à 4 nœuds à notre vitesse. Après avoir attrapé ce courant et relevé la distance journalière parcourue, nous l'avons perdu, recherché, retrouvé et reperdu. Tout était bon pour le trouver, nous avons même affalé toutes les voiles pour mesurer notre dérive par rapport au fond. Nous sommes désormais le long des côtes du Mozambique que nous descendons pour suivre notre cap. C'est alors que nous retrouvons le long des côtes, une quantité incroyable de baleines, il y en a des dizaines et des dizaines tout le long de la côte, nous en avons jamais vu autant !!!
Fin de matinée, 11h, un vrai spectacle: nous venons de voir à 12 reprises des baleines jaillir hors de l'eau, et retomber brutalement dans l'eau avec la délicatesse d'une patate de 30 tonnes qui se laisserai tomber dans l'eau. Il devait y en avoir au moins 3, le bouquet final ayant été composé de 3 sauts quasi-simultanés. A 16h, la ligne mort... une prise ! et un beau thazard de 90 cm pour 6 kilos bien tassés.
Thibaut effectuant sa rentrée prochainement, il a un vol le dimanche 12 en Afrique du Sud, et le vent ayant été tellement bas depuis le début, que l'évidence se présente à nous: nous n'arriverons jamais à temps pour qu'il ait son vol. Seule solution, le déposer au Mozambique, avec la mission pour lui de rejoindre son aéroport en passant la frontière, et sans se fâcher avec les autorités. Mais c'est un défi à sa portée, nous apprendrons quelques jours plus tard qu'il s'est bien débrouillé en ayant eu son vol. C'est donc à deux que nous avons poursuivi cette traversée.
Le lendemain, le 10, vent très faible en journée, au point de mettre un peu de moteur pour avancer, pour finalement avoir un vent croissant dans la soirée et dans la nuit. Au beau milieu de la nuit, le vent a bien forci, et au court de la réduction de voilure, le génois s'est déchiré ce qui nous a contraint à installer l'étai largable et le foc en une manœuvre nocturne par une mer... réveillée.
C'est alors que le vent change de direction et passe plein nord, ce qui nous emmène rapidement aux allures portantes vers notre destination. Sauf que ce vent a décidé de nous y emmener... plus rapidement. Lundi soir, alors que 30 nœuds de vent étaient annoncés pour la nuit, nous estimions notre arrivée mardi dans l'après midi, puis mardi en milieu de journée. Le diner se passe au mieux l'ambiance à bord est au top, on se demande en plaisantant si on ne va pas passer une nuit blanche pour notre dernière nuit de traversée, pour profiter de cette belle navigation agréable et du vent régulier qui nous pousse dans la bonne direction. A cette heure, le pilote automatique tiens la barre. Sauf qu'un peu plus tard, le pilote auto ne pouvant barrer vent arrière, le risque d'empannage étant trop grand, le cap que nous faisons nous dirige trop vers la côte. Pour éviter d'avoir à s'en éloigner sur le bord d'après, je prends la barre et navigue plein sud presque au vent arrière pour avancer au plus court vers notre escale prochaine que nous attendons tant. Nous sommes au milieu de la nuit, je navigue aux étoiles sous 30 nœuds de vent au portant avec 2 ris et un foc, à vive allure en dépassant allègrement la barre des 10 nœuds de vitesse sur des surfs à faire pâlir Kelly Slater. Imaginez les sensations !!
Au bout de 2h de concentration mais de réel plaisir, la fatigue arrivant, je vais me reposer un peu, en laissant le pilote prendre le contrôle de la barre, mais sous un cap nous rapprochant plus de la côte. Au bout de 10 minutes d'assoupissement, Florent qui avait pris son quart me réveille, le vent ayant encore forci (si si, il peut. Après force 7, il y a force 8. Les enfants, allez vous couchez, papa vous racontera). Je bondis à la barre pour rétablir le cap, le pilote ayant lâché, il est 4h du matin. Avec la force du vent ressentie, je me prépare mentalement a tenir la barre pour un bon moment. Mais l'adrénaline et les paquets de mer sur la tête, m'ont ôté l'envie de dormir pour un moment. Entre le grand largue et le vent arrière, Lafko file à des allures qui ferait pâlir le trimaran Banque Populaire V. Heureusement qu'il n'y a pas de limitation de vitesse sur mer. Ceci dit, je pense moins à la vitesse qu'au contrôle du bateau. Les milles défilent tellement vite que nous sommes déjà à la hauteur de Richards Bay, et qu'il va falloir tenir une allure proche du travers pour y aller directement si nous ne voulons pas finir avec les pingouins et les icebergs aux Kerguelen. Un peu comme une sortie d'autoroute qu'on raterai, si vous voulez.
Étant légèrement surtoilés, je décide de naviguer plein cap sur Richards Bay très légèrement choqué pour enlever de la puissance aux voiles, alternative à la réduction de voilure qui peut endommager les voiles comme nous l'avions vu 2 jours auparavant. C'est un raisonnement comme un autre, en tout cas il nous a permis de nous rapprocher de la côte rapidement pour être déventés le plus vite possible. Florent était dans la descente et me donnait d'une voix forte le cap à tenir. L'équipage, ne faisant qu'un, a conduit ainsi le bateau qui filait vers sa destination. Je suis resté à la barre jusqu'à l'arrivée, à 9h. Dans la baie de Richards Bay, la force du vent a diminué progressivement, jusqu'à une petite brise qui nous faisait glisser jusqu'à bon port. Le soleil levé nous a révélé la côte magnifique, et quelques instants plus tard une baleine a sauté hors de l'eau à 30 mètres devant le bateau, comme pour nous saluer, suivi par un jeu de grands dauphins qui nous ont suivi quelques instants. Le calme revenu, nous préparons cette arrivée tant attendue avec joie et pas mécontents de se reposer après cette nuit... sportive.
Avant le lever du soleil, il ne restait plus qu'une étoile... qui m'indiquait exactement le cap que je devait faire. La bonne étoile de Lafko.
Certains équipiers devant nous quitter, c'est sans gaité de cœur que nous déposons sur la côte Antoine, Marie et Damien le 28 Aout, puis Fred et Laure à Majunga le 2 septembre. Merci pour ce que vous êtes, merci pour ce que vous avez été sur Lafko. Vous nous manquez déjà.
Thibaut nous ayant rejoint le 2, nous serons donc 3 pour la traversée de Majunga, Madagascar à
Richards Bay, Afrique du Sud. Soit 1200 milles à parcourir dans des conditions qui s'annonceront... variables.
Les premiers jours se déroulent plutôt calmement, voire trop. Le vent est faible, l'allure pas mieux, mais la vie à bord bat son plein. Après la prière d'équipage, la pêche à l'irridum est plutôt fructueuse, 7 à 8 messages reçus sur notre téléphone satellitaire, ce qui est un réel plaisir en traversée. Thibaut se propose en concurrent unique d'un concours de crêpes, et se voit attribuer à l'unanimité, la palme de la crêpe ! Le lendemain, un poisson volant téméraire ayant fini sa route sur le pont du bateau, finira définitivement son parcours en filet dans la poêle, et c'est rudement bon ! Le soir, un poisson nous a arraché le leurre de la canne. Fil sectionné. En imaginant sa taille ou sa puissance, c'est peut-être mieux ainsi, il nous a laissé la canne...
Pour gagner un peu de temps, nous arrondissons notre route vers la cote africaine, pour essayer d'attraper le courant marin du canal du Mozambique qui ajouterai de 1 à 4 nœuds à notre vitesse. Après avoir attrapé ce courant et relevé la distance journalière parcourue, nous l'avons perdu, recherché, retrouvé et reperdu. Tout était bon pour le trouver, nous avons même affalé toutes les voiles pour mesurer notre dérive par rapport au fond. Nous sommes désormais le long des côtes du Mozambique que nous descendons pour suivre notre cap. C'est alors que nous retrouvons le long des côtes, une quantité incroyable de baleines, il y en a des dizaines et des dizaines tout le long de la côte, nous en avons jamais vu autant !!!
Fin de matinée, 11h, un vrai spectacle: nous venons de voir à 12 reprises des baleines jaillir hors de l'eau, et retomber brutalement dans l'eau avec la délicatesse d'une patate de 30 tonnes qui se laisserai tomber dans l'eau. Il devait y en avoir au moins 3, le bouquet final ayant été composé de 3 sauts quasi-simultanés. A 16h, la ligne mort... une prise ! et un beau thazard de 90 cm pour 6 kilos bien tassés.
Thibaut effectuant sa rentrée prochainement, il a un vol le dimanche 12 en Afrique du Sud, et le vent ayant été tellement bas depuis le début, que l'évidence se présente à nous: nous n'arriverons jamais à temps pour qu'il ait son vol. Seule solution, le déposer au Mozambique, avec la mission pour lui de rejoindre son aéroport en passant la frontière, et sans se fâcher avec les autorités. Mais c'est un défi à sa portée, nous apprendrons quelques jours plus tard qu'il s'est bien débrouillé en ayant eu son vol. C'est donc à deux que nous avons poursuivi cette traversée.
Le lendemain, le 10, vent très faible en journée, au point de mettre un peu de moteur pour avancer, pour finalement avoir un vent croissant dans la soirée et dans la nuit. Au beau milieu de la nuit, le vent a bien forci, et au court de la réduction de voilure, le génois s'est déchiré ce qui nous a contraint à installer l'étai largable et le foc en une manœuvre nocturne par une mer... réveillée.
C'est alors que le vent change de direction et passe plein nord, ce qui nous emmène rapidement aux allures portantes vers notre destination. Sauf que ce vent a décidé de nous y emmener... plus rapidement. Lundi soir, alors que 30 nœuds de vent étaient annoncés pour la nuit, nous estimions notre arrivée mardi dans l'après midi, puis mardi en milieu de journée. Le diner se passe au mieux l'ambiance à bord est au top, on se demande en plaisantant si on ne va pas passer une nuit blanche pour notre dernière nuit de traversée, pour profiter de cette belle navigation agréable et du vent régulier qui nous pousse dans la bonne direction. A cette heure, le pilote automatique tiens la barre. Sauf qu'un peu plus tard, le pilote auto ne pouvant barrer vent arrière, le risque d'empannage étant trop grand, le cap que nous faisons nous dirige trop vers la côte. Pour éviter d'avoir à s'en éloigner sur le bord d'après, je prends la barre et navigue plein sud presque au vent arrière pour avancer au plus court vers notre escale prochaine que nous attendons tant. Nous sommes au milieu de la nuit, je navigue aux étoiles sous 30 nœuds de vent au portant avec 2 ris et un foc, à vive allure en dépassant allègrement la barre des 10 nœuds de vitesse sur des surfs à faire pâlir Kelly Slater. Imaginez les sensations !!
Au bout de 2h de concentration mais de réel plaisir, la fatigue arrivant, je vais me reposer un peu, en laissant le pilote prendre le contrôle de la barre, mais sous un cap nous rapprochant plus de la côte. Au bout de 10 minutes d'assoupissement, Florent qui avait pris son quart me réveille, le vent ayant encore forci (si si, il peut. Après force 7, il y a force 8. Les enfants, allez vous couchez, papa vous racontera). Je bondis à la barre pour rétablir le cap, le pilote ayant lâché, il est 4h du matin. Avec la force du vent ressentie, je me prépare mentalement a tenir la barre pour un bon moment. Mais l'adrénaline et les paquets de mer sur la tête, m'ont ôté l'envie de dormir pour un moment. Entre le grand largue et le vent arrière, Lafko file à des allures qui ferait pâlir le trimaran Banque Populaire V. Heureusement qu'il n'y a pas de limitation de vitesse sur mer. Ceci dit, je pense moins à la vitesse qu'au contrôle du bateau. Les milles défilent tellement vite que nous sommes déjà à la hauteur de Richards Bay, et qu'il va falloir tenir une allure proche du travers pour y aller directement si nous ne voulons pas finir avec les pingouins et les icebergs aux Kerguelen. Un peu comme une sortie d'autoroute qu'on raterai, si vous voulez.
Étant légèrement surtoilés, je décide de naviguer plein cap sur Richards Bay très légèrement choqué pour enlever de la puissance aux voiles, alternative à la réduction de voilure qui peut endommager les voiles comme nous l'avions vu 2 jours auparavant. C'est un raisonnement comme un autre, en tout cas il nous a permis de nous rapprocher de la côte rapidement pour être déventés le plus vite possible. Florent était dans la descente et me donnait d'une voix forte le cap à tenir. L'équipage, ne faisant qu'un, a conduit ainsi le bateau qui filait vers sa destination. Je suis resté à la barre jusqu'à l'arrivée, à 9h. Dans la baie de Richards Bay, la force du vent a diminué progressivement, jusqu'à une petite brise qui nous faisait glisser jusqu'à bon port. Le soleil levé nous a révélé la côte magnifique, et quelques instants plus tard une baleine a sauté hors de l'eau à 30 mètres devant le bateau, comme pour nous saluer, suivi par un jeu de grands dauphins qui nous ont suivi quelques instants. Le calme revenu, nous préparons cette arrivée tant attendue avec joie et pas mécontents de se reposer après cette nuit... sportive.
Avant le lever du soleil, il ne restait plus qu'une étoile... qui m'indiquait exactement le cap que je devait faire. La bonne étoile de Lafko.
dimanche 12 septembre 2010
Perles de l'Indien (3/3): la survivante des Chagos
dimanche 5 septembre 2010
samedi 4 septembre 2010
mercredi 1 septembre 2010
Ciao Mada et du nouveau à bord !
C'est un tournant qui s'annonce dès demain jeudi à bord de Lafko !
Tout d'abord, après 4 mois à naviguer dans les îles qui parsèment l'Océan Indien, nous mettrons le cap sur un nouveau continent : l'Afrique !!
Avec cette escale à Madagascar, nous y avions déjà mis un pied, mais cette fois, ça sent vraiment la terre ferme !
On compte environ 1200 milles de Majunga à Richard's Bay en Afrique du Sud, soit une huitaine de jours si nous réussissons à placer Lafko dans le courant des Aiguilles qui court le long de la côte du Mozambique.
Mais c'est surtout à bord qu'a lieu le changement.
Le moment est en effet venu pour Frédéric et Antoine de rentrer en France. Après un peu plus de 4 mois ensemble, l'équipage "permanent" se trouve réduit de moitié ! Franck et moi, qui restons, nous sentons un peu comme les "berniques" de Lafko, collés à sa coque :)
Mais rassurez-vous, nous ne continuons pas tous seuls. Thibaut embarque demain pour la traversée et ce sera ensuite au tour de Damien, Jean-Christophe et Guillaume de nous rejoindre en Afrique du Sud !
Je profite aussi de ce message pour remercier Alix, Anne-Sophie, Anne-Laure, Laure, Xavier, Thomas, Jean-Baptiste, Marie, Aurélie et Damien pour leur passage à bord de Lafko. Toutes ces venues nous font extrêmement plaisir ! Alors n'hésitez pas, rejoignez-nous, les souvenirs et les sourires sont garantis :)
A bientôt sur Lafko et merci de continuer à nous lire !
(Plein de photos devraient arriver sur le blog avec le retour d'Antoine et Frédéric et nous pourrons aussi poster des articles plus régulièrement depuis l'Afrique du Sud).
Tout d'abord, après 4 mois à naviguer dans les îles qui parsèment l'Océan Indien, nous mettrons le cap sur un nouveau continent : l'Afrique !!
Avec cette escale à Madagascar, nous y avions déjà mis un pied, mais cette fois, ça sent vraiment la terre ferme !
On compte environ 1200 milles de Majunga à Richard's Bay en Afrique du Sud, soit une huitaine de jours si nous réussissons à placer Lafko dans le courant des Aiguilles qui court le long de la côte du Mozambique.
Mais c'est surtout à bord qu'a lieu le changement.
Le moment est en effet venu pour Frédéric et Antoine de rentrer en France. Après un peu plus de 4 mois ensemble, l'équipage "permanent" se trouve réduit de moitié ! Franck et moi, qui restons, nous sentons un peu comme les "berniques" de Lafko, collés à sa coque :)
Mais rassurez-vous, nous ne continuons pas tous seuls. Thibaut embarque demain pour la traversée et ce sera ensuite au tour de Damien, Jean-Christophe et Guillaume de nous rejoindre en Afrique du Sud !
Je profite aussi de ce message pour remercier Alix, Anne-Sophie, Anne-Laure, Laure, Xavier, Thomas, Jean-Baptiste, Marie, Aurélie et Damien pour leur passage à bord de Lafko. Toutes ces venues nous font extrêmement plaisir ! Alors n'hésitez pas, rejoignez-nous, les souvenirs et les sourires sont garantis :)
A bientôt sur Lafko et merci de continuer à nous lire !
(Plein de photos devraient arriver sur le blog avec le retour d'Antoine et Frédéric et nous pourrons aussi poster des articles plus régulièrement depuis l'Afrique du Sud).
mardi 31 août 2010
Vous avez dit Voyager?
Dans la bibliothèque de bord j’ai ouvert le Petit Larousse à "Voyager" et j’ai lu : "faire un parcours, un trajet de telle façon". Il y a quelques mois on s’imaginait des lieux, des rencontres, et ce qu’on allait faire. Ce que l’on ne s’imagine pas c’est la litanie de contrainte qui nous fait lentement abandonner ce à quoi l’on s’est préparé. Mais de ce détachement au temps et aux évènements nait peu à peu la liberté. Le voyage devient un état, on est en voyage. Les journées s’organisent d’elles-mêmes : une réparation crée une rencontre, un mouillage attire l’attention. Un matin un pêcheur en pirogue nous vend ses poissons que nous mangerons à midi, plus tard dans la journée nous chantons et tuons un zébu avec la cinquantaine d’habitants de Nosy Mamoko pour honorer leur reine. Nicolas Bouvier a vécu cette expérience avant nous: «un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait».
vendredi 20 août 2010
L'île Maurice, une escale en Or...
Alors que nous arpentons les terres arides du cap d'Ambre au nord de Madagascar, une idée nous effleure l'esprit. Nos fidèles lecteurs aimeraient sûrement savoir plus précisément ce que nous faisons lors de nos escales. Petite tranche de vie sur une île que j'ai particulièrement appréciée, l'île Maurice.

Après une traversée de 8 jours à vive allure en provenance des Chagos (vous vous souvenez, la bassine ?) nous sommes arrivés à Port Louis.
La première impression que j'ai eu à l'approche de l'île et en apercevant la ville et les infrastructures portuaires est un retour dans le monde moderne après une longue absence pratiquement depuis la Thaïlande.
Les îles Andaman, en Inde, aussi attachantes qu'elles soient, étaient plus un voyage dans le temps, ou l'on semblait arriver dans la vie des années 1930.
Les Maldives en dehors de sa capitale, Malé, exception où le développement économique et immobilier recouvre la toute petite surface de son île, sont des atolls émergeant tout juste de la surface de l'eau, où les pêcheurs partagent leurs îles avec quelques resorts. La nature y est belle, les habitants accueillants, les atolls surprenants, les coraux omniprésents et le sable... blanc.
Quand aux Chagos, la nature à l'état brut vous ouvre ses portes et l'accueil vous est réservé par les seuls habitants des îles, les innombrables et fameux crabes des cocotiers.
Maurice. Que nous réserves tu ? Nous nous plongeons dans son histoire pour mieux comprendre sa vie et sa géographie. Kaléidoscope culturel et ethnique, Maurice s'est construite au long des présences hollandaises, françaises et anglaises, avec l'arrivée de nombreux indiens, malgaches et africains, et se retrouve imprégnée de toutes les cultures qui bordent l'océan Indien.
D'une cinquantaine de kilomètres de long, nous allons pouvoir la parcourir de long en large pour prendre le pouls de tous ses membres.
Nous avons fait le choix de ne pas faire le tour de l'île en bateau, en dehors des mouillages à Grande Rivière Noire et à Grand Baie, pour passer plus de temps dans les terres. Le premier appel de Maurice est presque poétique quand on entend les noms attribués aux localités: Baie du cap, l'île aux Cerfs, Floréal, Quatres Bornes, Flic en Flac, Trou aux Biches, Bois Chéri, Trou d'Eau Douce et tant d'autres...
Notre première balade fut d'aller à Pamplemousse pour y découvrir son magnifique jardin botanique. Nous avons poussé cette excursion en prenant en bus qui nous a emmenés tombeau roulant sur les routes traversant les champs de canne du nord jusqu'à Poudre d'Or, petit village local bien éloigné des hôtels qui ont donné à Maurice son image de villégiature balnéaire luxueuse.

Entre autres escapades, nous avons traversé l'île jusqu'à Mahébourg, pour une balade d'une journée à vélo du pique-nique sur la superbe plage de Blue Bay, jusqu'aux contreforts des montagnes Bambous du coté de Vieux Grand Port.
Un autre jour, nous sommes partis dans le centre... humide de l'île où nous avons visité la maison des Aubineaux à Curepipe lors d'une escale sur la route du Thé. Nous avons emprunté le temps d'une journée les sentiers de randonnée du Black River Gorges National Park.

Nous avons passé quelques jours au Morne Brabant, rocher colossal dominant le sud ouest de l'ile, avec son lagon, ses palaces, et ses plages magnifiques dominées par les falaises... sans oublier son spot de funboard et de kite surf, très fréquenté ! Ce qui nous a donné l'occasion avec Xavier et Antoine, de s'initier tous les trois au kite surf, avec premiers cours, maniement de l'aile et premier bord parcouru !!
Notre fin de séjour a été marquée par notre découverte de la côte nord de l'île en empruntant le sentier du littoral de Cap Malheureux, où le lagon se pare de ses plus beaux atouts, laissant en nous le temps d'un coucher de soleil, une image aussi agréable que sereine.
J'ai un souvenir excellent de Maurice, comblé par ses richesses et la multiplicité de ses facettes aussi séduisantes les unes que les autres: la diversité de ses paysages, des champs de canne au lagon, des montagnes jusqu'aux criques ensoleillés. Mais déjà il est temps de filer vers la Réunion, où de nouvelles surprises nous attendent.
Après une traversée de 8 jours à vive allure en provenance des Chagos (vous vous souvenez, la bassine ?) nous sommes arrivés à Port Louis.
La première impression que j'ai eu à l'approche de l'île et en apercevant la ville et les infrastructures portuaires est un retour dans le monde moderne après une longue absence pratiquement depuis la Thaïlande.
Les îles Andaman, en Inde, aussi attachantes qu'elles soient, étaient plus un voyage dans le temps, ou l'on semblait arriver dans la vie des années 1930.
Les Maldives en dehors de sa capitale, Malé, exception où le développement économique et immobilier recouvre la toute petite surface de son île, sont des atolls émergeant tout juste de la surface de l'eau, où les pêcheurs partagent leurs îles avec quelques resorts. La nature y est belle, les habitants accueillants, les atolls surprenants, les coraux omniprésents et le sable... blanc.
Quand aux Chagos, la nature à l'état brut vous ouvre ses portes et l'accueil vous est réservé par les seuls habitants des îles, les innombrables et fameux crabes des cocotiers.
Maurice. Que nous réserves tu ? Nous nous plongeons dans son histoire pour mieux comprendre sa vie et sa géographie. Kaléidoscope culturel et ethnique, Maurice s'est construite au long des présences hollandaises, françaises et anglaises, avec l'arrivée de nombreux indiens, malgaches et africains, et se retrouve imprégnée de toutes les cultures qui bordent l'océan Indien.D'une cinquantaine de kilomètres de long, nous allons pouvoir la parcourir de long en large pour prendre le pouls de tous ses membres.
Nous avons fait le choix de ne pas faire le tour de l'île en bateau, en dehors des mouillages à Grande Rivière Noire et à Grand Baie, pour passer plus de temps dans les terres. Le premier appel de Maurice est presque poétique quand on entend les noms attribués aux localités: Baie du cap, l'île aux Cerfs, Floréal, Quatres Bornes, Flic en Flac, Trou aux Biches, Bois Chéri, Trou d'Eau Douce et tant d'autres...
Notre première balade fut d'aller à Pamplemousse pour y découvrir son magnifique jardin botanique. Nous avons poussé cette excursion en prenant en bus qui nous a emmenés tombeau roulant sur les routes traversant les champs de canne du nord jusqu'à Poudre d'Or, petit village local bien éloigné des hôtels qui ont donné à Maurice son image de villégiature balnéaire luxueuse.
Entre autres escapades, nous avons traversé l'île jusqu'à Mahébourg, pour une balade d'une journée à vélo du pique-nique sur la superbe plage de Blue Bay, jusqu'aux contreforts des montagnes Bambous du coté de Vieux Grand Port.
Un autre jour, nous sommes partis dans le centre... humide de l'île où nous avons visité la maison des Aubineaux à Curepipe lors d'une escale sur la route du Thé. Nous avons emprunté le temps d'une journée les sentiers de randonnée du Black River Gorges National Park.

Nous avons passé quelques jours au Morne Brabant, rocher colossal dominant le sud ouest de l'ile, avec son lagon, ses palaces, et ses plages magnifiques dominées par les falaises... sans oublier son spot de funboard et de kite surf, très fréquenté ! Ce qui nous a donné l'occasion avec Xavier et Antoine, de s'initier tous les trois au kite surf, avec premiers cours, maniement de l'aile et premier bord parcouru !!
Notre fin de séjour a été marquée par notre découverte de la côte nord de l'île en empruntant le sentier du littoral de Cap Malheureux, où le lagon se pare de ses plus beaux atouts, laissant en nous le temps d'un coucher de soleil, une image aussi agréable que sereine.
J'ai un souvenir excellent de Maurice, comblé par ses richesses et la multiplicité de ses facettes aussi séduisantes les unes que les autres: la diversité de ses paysages, des champs de canne au lagon, des montagnes jusqu'aux criques ensoleillés. Mais déjà il est temps de filer vers la Réunion, où de nouvelles surprises nous attendent.
Nosy Be !
Bonjour,
Toujours sans photo :) , ce court message pour vous dire que nous sommes arrives a Nosy Be apres avoir franchi le mythique Cap d'Ambre et navigue dans les iles Mitsio sur la cote Ouest de Madagascar.
Nous sommes chaque jour emerveilles par la nature quasi intacte et continuons a descendre vers le Sud.
Les pecheurs malgaches possedent de magnifiques boutres dont le greement nous impressionnent tous les jours.
Quelques reparations mineures occupent egalement nos journees !
A bientot sur Lafko !
Toujours sans photo :) , ce court message pour vous dire que nous sommes arrives a Nosy Be apres avoir franchi le mythique Cap d'Ambre et navigue dans les iles Mitsio sur la cote Ouest de Madagascar.
Nous sommes chaque jour emerveilles par la nature quasi intacte et continuons a descendre vers le Sud.
Les pecheurs malgaches possedent de magnifiques boutres dont le greement nous impressionnent tous les jours.
Quelques reparations mineures occupent egalement nos journees !
A bientot sur Lafko !
lundi 16 août 2010
Lafko à Diego
Chers lecteurs,
Lafko poursuit son tour de Madagascar par le Nord.
Après l'île Sainte-Marie, nous sommes arrivés à Diego Suarez samedi midi.
C'est la deuxième plus grande baie du monde après celle de Rio de Janeiro.
Nous y avons rencontré Bahoaka, un grand poète et musicien, pour notre plus grand plaisir !
Il nous a raconté l'histoire de son pays et de sa ville depuis la Seconde Guerre mondiale. Passionnant !
Nous nous apprêtons à passer le Cap d'Ambre, la pointe Nord de Madagascar, réputé pour ses forts courants. Nous naviguons dans des paysages magnifiques et scrutons l'horizon pour repérer les baleines qui ont déjà plusieurs fois frôlé Lafko (ça donne des frissons !). Nous ne manquons pas de prendre des photos mais il est très difficile de vous les faire parvenir maintenant car les connexions Internet sont lentes.
Soyez donc patients ! Ou bien venez à bord :)
C'est le cas de Marie et Damien qui sont arrivés hier !
A bientôt,
Florent.
Lafko poursuit son tour de Madagascar par le Nord.
Après l'île Sainte-Marie, nous sommes arrivés à Diego Suarez samedi midi.
C'est la deuxième plus grande baie du monde après celle de Rio de Janeiro.
Nous y avons rencontré Bahoaka, un grand poète et musicien, pour notre plus grand plaisir !
Il nous a raconté l'histoire de son pays et de sa ville depuis la Seconde Guerre mondiale. Passionnant !
Nous nous apprêtons à passer le Cap d'Ambre, la pointe Nord de Madagascar, réputé pour ses forts courants. Nous naviguons dans des paysages magnifiques et scrutons l'horizon pour repérer les baleines qui ont déjà plusieurs fois frôlé Lafko (ça donne des frissons !). Nous ne manquons pas de prendre des photos mais il est très difficile de vous les faire parvenir maintenant car les connexions Internet sont lentes.
Soyez donc patients ! Ou bien venez à bord :)
C'est le cas de Marie et Damien qui sont arrivés hier !
A bientôt,
Florent.
Nosi Lonjo - Pain de Sucre
Au milieu de la superbe baie de Diego
Un joli pain de sucre s'élève bien en cône
Mais au bon sommet encore des tombeaux trônent
De magnifiques arbres y poussent égaux
Et là-bas en bas de gros rochers découverts
De la mer luisant bleue ont pris des manteaux verts
Puis une pirogue de pêche plus loin danse
Et sur l'eau salée sans écume s'avance
Puis un vieux pêcheur dans la brise marine
D'un tir franc remonte un splendide poisson d'or
Et lorsque le soleil de ce paradis décline
Il rentre emportant son lourd et précieux trésor
Un joli pain de sucre s'élève bien en cône
Mais au bon sommet encore des tombeaux trônent
De magnifiques arbres y poussent égaux
Et là-bas en bas de gros rochers découverts
De la mer luisant bleue ont pris des manteaux verts
Puis une pirogue de pêche plus loin danse
Et sur l'eau salée sans écume s'avance
Puis un vieux pêcheur dans la brise marine
D'un tir franc remonte un splendide poisson d'or
Et lorsque le soleil de ce paradis décline
Il rentre emportant son lourd et précieux trésor
O Pain de Sucre, pour voir tes vagues blanches
Je dis bien ne me suffit pas chaque dimanche
Car mon Nosi Lonjo ta beauté est sans nombre
Surtout le soir lorsque ton flanc est dans l'ombre
O beau Pain de Sucre, ta beauté est sublime
Quand tu te panaches à l'horizon d'argent
Quand retombe le soir et te bercent les ondines
Diego en bonheur s'émerveille en te pigeant
Bahoaka
Je dis bien ne me suffit pas chaque dimanche
Car mon Nosi Lonjo ta beauté est sans nombre
Surtout le soir lorsque ton flanc est dans l'ombre
O beau Pain de Sucre, ta beauté est sublime
Quand tu te panaches à l'horizon d'argent
Quand retombe le soir et te bercent les ondines
Diego en bonheur s'émerveille en te pigeant
Bahoaka
dimanche 8 août 2010
Bien arrives a Madagascar
La Lafko Team, apres une belle navigation vent arriere, vient de debarquer sur l'ile Sainte-Marie.
Daurade Coryphene, nuits etoilees, spi, baleine, les plaisirs ont ete multiples.
8m de precipitations par an, nous sommes deja baptises ! Serions-nous marins d'eau douce ?
Bon Dimanche
La lafko team (Laure, Jean-Baptiste, Xavier, Franck, Antoine, Florent, Frederic)
Daurade Coryphene, nuits etoilees, spi, baleine, les plaisirs ont ete multiples.
8m de precipitations par an, nous sommes deja baptises ! Serions-nous marins d'eau douce ?
Bon Dimanche
La lafko team (Laure, Jean-Baptiste, Xavier, Franck, Antoine, Florent, Frederic)
mercredi 4 août 2010
Où est Lafko ??
Bonjour à tous !
Un petit point sur le parcours de Lafko :
Nous sommes arrivés le 9 juillet à Port Louis, capitale de l'Île Maurice. Nous avons ensuite mis les voiles pour la Réunion le 21 juillet et sommes arrivés le 22 au Port des Galets sur la côte Nord-Ouest.
Les coulées de lave d'avril 2007 sont encore chaudes et on peut y enflammer des bâtons ! Impressionnant Piton de la Fournaise !
Et ce soir, 4 août, nous larguons une nouvelle fois les amarres pour Madagascar que nous atteindrons en 3 ou 4 jours de mer ! Objectif, l'île Sainte-Marie, lieu de passage de baleines :)
A bientôt sur Lafko !
Un petit point sur le parcours de Lafko :
Nous sommes arrivés le 9 juillet à Port Louis, capitale de l'Île Maurice. Nous avons ensuite mis les voiles pour la Réunion le 21 juillet et sommes arrivés le 22 au Port des Galets sur la côte Nord-Ouest.
Les coulées de lave d'avril 2007 sont encore chaudes et on peut y enflammer des bâtons ! Impressionnant Piton de la Fournaise !
Et ce soir, 4 août, nous larguons une nouvelle fois les amarres pour Madagascar que nous atteindrons en 3 ou 4 jours de mer ! Objectif, l'île Sainte-Marie, lieu de passage de baleines :)
A bientôt sur Lafko !
Maurice et Réunion, îles soeurs ?
C'est ainsi qu'on surnommait ces deux îles à l'époque de l'Île de France et de l'île Bourbon, leurs noms lorsqu'elles étaient toutes deux des possessions françaises.
Géologiquement très proches, elles partagent la même origine volcanique. Maurice est l'aînée alors que la Réunion est la petite dernière encore bien active. Le Piton de la Fournaise entre en effet encore en éruption tous les deux ans en moyenne.
Des ancêtres lointains précèdent également ces deux îles. C'est le même point chaud qui a créé les Trapps du Deccan en Inde (à l'origine de la disparition des dinosaures ? ), les îles Laccadives, les Maldives et les Chagos.
L'Institut de Physique du Globe de Paris explique très bien cela ici : http://www.ipgp.fr/pages/0303081001.php
Bien que les Maldives soient à 2 mètres au-dessus de la mer et que la Réunion culmine à 3070 mètres, elles sont donc cousines !!
Et attention, ce n'est pas le point chaud qui a bougé, mais la croûte terrestre ! L'Inde se trouvait donc à la place de la Réunion lors de la création des Trapps du Deccan.
Mais revenons à une histoire plus récente.
Premièrement reconnues par des marins arabes et portugais, Maurice et la Réunion font partie des îles Mascareignes (du nom de Pedro de Mascarenhas, navigateur portugais).
Les Hollandais s'installent à Maurice en 1638 et importent notamment de la canne à sucre et des cerfs depuis leur puissante colonie de Java. Il s'agit au début de créer un point de relâche pour les navires en route vers l'Asie.
Les Français prennent officiellement possession de la Réunion en 1640 et tentent ensuite progressivement de prendre contrôle de l'Île Maurice. C'est chose faite vers 1715, les Hollandais ayant quitté l'île, faute d'avoir pu établir une colonie viable.
L'arrivée d'un nouveau gouverneur, Mahé de la Bourdonnais, marque le début de la prospérité française dans l'Océan Indien. Il choisit de faire de Maurice une véritable base arrière qui permettra de sécuriser le commerce avec les comptoirs français d'Inde. Mahé de la Bourdonnais contribue donc largement au développement de Maurice et dans une moindre mesure à celui de la Réunion. Il crée des routes et des ports et participe aux batailles navales contre les Anglais.
Maurice et la Réunion deviennent des colonies rentables dont la principale production est la canne à sucre durement cultivée par des esclaves venus de Madagascar et des côtes africaines.
Le destin des deux îles change à partir de 1810. Maurice est conquise par les Anglais alors que la Réunion reste française.
On continue cependant à toujours parler français et créole dans les deux îles.
Avec l'abolition de l'esclavage, on pratique l'engagisme ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Engagisme ). Il s'agit de remplacer les esclaves affranchis par des travailleurs peu payés qu'on fait venir depuis d'autres colonies.
C'est ainsi que les Britanniques feront venir plus d'un demi-million d'hommes et de femmes à Maurice. C'est le "coolie trade". De diverses origines : Indiens, Chinois, Éthiopiens, Congolais, Mozambicains, Japonais, Malgaches ou encore Bretons, leur venue va créer une population unique au monde.
En 1968, Maurice obtient son indépendance et la majorité d'origine indienne acquiert le pouvoir politique. Les descendants des colons français conservent leurs propriétés terriennes. Les créoles, descendants des esclaves affranchis, sont plus mal lotis et restent assez pauvres pour la plupart. Les différents communautés ne se mélangent pas, ni dans les cours de récréation, ni dans les relations professionnelles et encore moins dans les mariages.
Cette situation crée de fortes tensions sociales qui donnent parfois lieu à des émeutes comme ce fut le cas en 1999 ( http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/079153.pdf ). Le mythe de la nation arc-en-ciel n'existerait donc que sur les dépliants distribués aux touristes...
La nation modèle de l'Océan Indien connait quelques troubles en ce moment, la consommation de drogues dures et douces est parmi les plus élevées d'Afrique et le marché de la canne à sucre devient de plus en plus concurrentiel avec la montée en puissance du Brésil. L'île s'est depuis longtemps ouverte sur le tourisme et essaie également de développer une activité de développement informatique.
Toujours est-il que nous avons été très bien accueillis par les Mauriciens qui nous ont de nombreuses fois invités à dîner chez eux ! Et le souvenir du pain et du beurre servis au restaurant "Le Capitaine" restera encore longtemps sur nos papilles :)
La Réunion est maintenant une région française à part entière et la population y est bien plus métissée qu'à Maurice.

Elle connait cependant les mêmes problèmes économiques : la canne à sucre n'est plus l'industrie première et c'est le tourisme qui constitue la majorité des revenus. Le taux de chômage parmi les jeunes est très élevé et la région est celle qui compte le plus grand nombre de bénéficiaires du RMI. Certains prédisent une crise sociale à venir similaire à celle qu'a connue récemment la Martinique.
La reconnaissance par l'Unesco de l'unicité des paysages de la Réunion permettra peut-être la création de nouveaux emplois destinés à préserver la beauté de l'intérieur de l'île.
Nos deux semaines passées à la Réunion ont été très agréables. Nous avons fait beaucoup de rencontres et l'accueil au Club Nautique Portois a vraiment été très sympathique !
A bientôt, il y a vraiment beaucoup à dire sur ces deux escales !
Géologiquement très proches, elles partagent la même origine volcanique. Maurice est l'aînée alors que la Réunion est la petite dernière encore bien active. Le Piton de la Fournaise entre en effet encore en éruption tous les deux ans en moyenne.
Des ancêtres lointains précèdent également ces deux îles. C'est le même point chaud qui a créé les Trapps du Deccan en Inde (à l'origine de la disparition des dinosaures ? ), les îles Laccadives, les Maldives et les Chagos.
L'Institut de Physique du Globe de Paris explique très bien cela ici : http://www.ipgp.fr/pages/0303081001.php
Bien que les Maldives soient à 2 mètres au-dessus de la mer et que la Réunion culmine à 3070 mètres, elles sont donc cousines !!
Et attention, ce n'est pas le point chaud qui a bougé, mais la croûte terrestre ! L'Inde se trouvait donc à la place de la Réunion lors de la création des Trapps du Deccan.
Mais revenons à une histoire plus récente.
Premièrement reconnues par des marins arabes et portugais, Maurice et la Réunion font partie des îles Mascareignes (du nom de Pedro de Mascarenhas, navigateur portugais).
Les Hollandais s'installent à Maurice en 1638 et importent notamment de la canne à sucre et des cerfs depuis leur puissante colonie de Java. Il s'agit au début de créer un point de relâche pour les navires en route vers l'Asie.
Les Français prennent officiellement possession de la Réunion en 1640 et tentent ensuite progressivement de prendre contrôle de l'Île Maurice. C'est chose faite vers 1715, les Hollandais ayant quitté l'île, faute d'avoir pu établir une colonie viable.
L'arrivée d'un nouveau gouverneur, Mahé de la Bourdonnais, marque le début de la prospérité française dans l'Océan Indien. Il choisit de faire de Maurice une véritable base arrière qui permettra de sécuriser le commerce avec les comptoirs français d'Inde. Mahé de la Bourdonnais contribue donc largement au développement de Maurice et dans une moindre mesure à celui de la Réunion. Il crée des routes et des ports et participe aux batailles navales contre les Anglais.
Maurice et la Réunion deviennent des colonies rentables dont la principale production est la canne à sucre durement cultivée par des esclaves venus de Madagascar et des côtes africaines.
Le destin des deux îles change à partir de 1810. Maurice est conquise par les Anglais alors que la Réunion reste française.
On continue cependant à toujours parler français et créole dans les deux îles.
Avec l'abolition de l'esclavage, on pratique l'engagisme ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Engagisme ). Il s'agit de remplacer les esclaves affranchis par des travailleurs peu payés qu'on fait venir depuis d'autres colonies.
C'est ainsi que les Britanniques feront venir plus d'un demi-million d'hommes et de femmes à Maurice. C'est le "coolie trade". De diverses origines : Indiens, Chinois, Éthiopiens, Congolais, Mozambicains, Japonais, Malgaches ou encore Bretons, leur venue va créer une population unique au monde.
En 1968, Maurice obtient son indépendance et la majorité d'origine indienne acquiert le pouvoir politique. Les descendants des colons français conservent leurs propriétés terriennes. Les créoles, descendants des esclaves affranchis, sont plus mal lotis et restent assez pauvres pour la plupart. Les différents communautés ne se mélangent pas, ni dans les cours de récréation, ni dans les relations professionnelles et encore moins dans les mariages.
Cette situation crée de fortes tensions sociales qui donnent parfois lieu à des émeutes comme ce fut le cas en 1999 ( http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/079153.pdf ). Le mythe de la nation arc-en-ciel n'existerait donc que sur les dépliants distribués aux touristes...
La nation modèle de l'Océan Indien connait quelques troubles en ce moment, la consommation de drogues dures et douces est parmi les plus élevées d'Afrique et le marché de la canne à sucre devient de plus en plus concurrentiel avec la montée en puissance du Brésil. L'île s'est depuis longtemps ouverte sur le tourisme et essaie également de développer une activité de développement informatique.
Toujours est-il que nous avons été très bien accueillis par les Mauriciens qui nous ont de nombreuses fois invités à dîner chez eux ! Et le souvenir du pain et du beurre servis au restaurant "Le Capitaine" restera encore longtemps sur nos papilles :)
La Réunion est maintenant une région française à part entière et la population y est bien plus métissée qu'à Maurice.
Elle connait cependant les mêmes problèmes économiques : la canne à sucre n'est plus l'industrie première et c'est le tourisme qui constitue la majorité des revenus. Le taux de chômage parmi les jeunes est très élevé et la région est celle qui compte le plus grand nombre de bénéficiaires du RMI. Certains prédisent une crise sociale à venir similaire à celle qu'a connue récemment la Martinique.
La reconnaissance par l'Unesco de l'unicité des paysages de la Réunion permettra peut-être la création de nouveaux emplois destinés à préserver la beauté de l'intérieur de l'île.
Nos deux semaines passées à la Réunion ont été très agréables. Nous avons fait beaucoup de rencontres et l'accueil au Club Nautique Portois a vraiment été très sympathique !
A bientôt, il y a vraiment beaucoup à dire sur ces deux escales !
samedi 31 juillet 2010
Lafko en mer !
Images rarissimes : Entre les Chagos et Maurice, Lafko fonce à 8 noeuds de moyenne, le vent est soutenu, nous avons un ris et tout le génois !

12m de long et 4,2m de large, Lafko est un bateau de largue, grand ou petit, c'est a dire toute les allures "vent en poupe".
Sa largeur et ses lignes lui donnent une forme planante, aussi efficaces aux allures de largue, que penalisantes au près.. nous l'avons constaté dans le golfe du Bengale.
Pourquoi?
Car aux allures de près, les voiles, comme les appendices (safrans et derive) et la coque agissent a la manière d'une aile d'avion.
Pour faire remonter le vent au bateau, on recherche pour les voiles et pour les appendices la plus grande finesse, c'est a dire un rapport longueur / largueur élevé, ce qui donne une bonne portance pour une trainée raisonable.
La forme de la coque a aussi son role à jouer, en approximation, plus elle est fine meilleur est le près (le bateau fend la mer, faible trainée et faible surface mouillée) plus elle est large, meilleur est le largue (le bateau "plane" et part plus facilement en survitesse).
Mais pas besoin d'un grand discours pour apprécier cette video, imaginez juste que 8 jours de ce traitement laissent une croute de sel digne des salines de Guerande, mais surtout des souvenirs impérissables.
Pour les amateurs du "comment ça marche"?
Je vous conseile ces articles, très détaillés mais qui permettent de se faire une bonne idée des forces en actions.Comment ça marche!
Comment ça marche en plus poussé
Frederic
A bientôt !

12m de long et 4,2m de large, Lafko est un bateau de largue, grand ou petit, c'est a dire toute les allures "vent en poupe".
Sa largeur et ses lignes lui donnent une forme planante, aussi efficaces aux allures de largue, que penalisantes au près.. nous l'avons constaté dans le golfe du Bengale.
Pourquoi?
Car aux allures de près, les voiles, comme les appendices (safrans et derive) et la coque agissent a la manière d'une aile d'avion.
Pour faire remonter le vent au bateau, on recherche pour les voiles et pour les appendices la plus grande finesse, c'est a dire un rapport longueur / largueur élevé, ce qui donne une bonne portance pour une trainée raisonable.
La forme de la coque a aussi son role à jouer, en approximation, plus elle est fine meilleur est le près (le bateau fend la mer, faible trainée et faible surface mouillée) plus elle est large, meilleur est le largue (le bateau "plane" et part plus facilement en survitesse).
Mais pas besoin d'un grand discours pour apprécier cette video, imaginez juste que 8 jours de ce traitement laissent une croute de sel digne des salines de Guerande, mais surtout des souvenirs impérissables.
Pour les amateurs du "comment ça marche"?
Je vous conseile ces articles, très détaillés mais qui permettent de se faire une bonne idée des forces en actions.Comment ça marche!
Comment ça marche en plus poussé
Frederic
A bientôt !
mercredi 28 juillet 2010
Robinsons des mers & marins des Chagos
Du haut des barres de flèche, la vigie scrute la mer.
L'entrée aux Chagos doit se faire à vue. La carte est réputée tout à fait inexacte. Soleil dans le dos, il faut donc repérer les patates de corail et guider le barreur.
"Un peu à droite". "Un peu à gauche". "Patate à 100 mètres". "Quelle est la profondeur au sondeur ?"
Au fur et à mesure, l'oeil s'ajuste, on devine les contours des coraux à travers l'eau transparente. La passe est là, droit devant, on entre dans le lagon, toujours prudemment.
Et soudain, des mâts ! Un, deux, trois, quatre, cing voiliers au mouillage !
Quelle joie ! Du 1er mai au 25 juin, nous n'avions rencontré qu'un seul bateau comme le nôtre.
Ils s'appellent Bill, Ralf ou Tiger pour les plus anciens, Rachel et Elizabeth pour les plus surprenantes, ce sont les marins des Chagos.
Notre séjour fut bref, mais l'accueil dans ces îles du milieu de l'Océan fut chaleureux. D'appels radio en apéros et barbecue, nous découvrions les nouveaux Chagossiens.
Ayant souvent totalement rompu les amarres avec leur vie de terriens, ils voyagent sur les mers depuis au moins dix ans.
Ralf, d'origine allemande et ancien directeur d'une aciérie en Afrique du Sud, a construit lui-même Mariposa, un ketch en acier. La légende raconte que sa femme et lui ont passé un an et demi d'affilée aux Chagos. Dont 4 mois sans voir personne !
Bill et sa femme ont quitté l'Afrique du Sud sur Jenaime il y a bientôt 15 ans, leur bateau est leur seul bien et l'Indien est leur jardin, c'est la 8ème fois qu'ils viennent ici.
Tiger, un canadien, est le vétéran. Il vient de fêter son 70ème anniversaire et les 40 ans de son bateau ! C'est lui qui nous a guidé vers un bon mouillage pour Lafko devant l'île Boddam, nous aurions apprécié parler un peu plus avec lui mais il était très pris par des travaux : 2 jours à plonger en apnée sous son bateau pour étanchéifier l'arbre d'hélice !!! Qui d'entre nous le fera dans 40 ans ??? Lors de notre départ, sa femme nous salue à la radio : "Lafko, Lafko, I can see you and you're looking goooooddd !!!" :) Lafko file alors vers Maurice.
Quant à Rachel, c'est à 54 ans qu'elle a quitté Seattle pour naviguer en solitaire sur Ventana. 3 ans plus tard, décidée à traverser le Pacifique, elle cherche un ou plusieurs équipiers. Elle fait alors connaissance d'Elizabeth. 35 ans, Norvégienne dont les cheveux, les yeux et la stature nous font immédiatement chercher un drakkar tiré sur le rivage. Cela fait maintenant 7 ans que les 2 femmes naviguent ensemble, avec pour objectif de rejoindre l'Amérique. Dans 5 ans peut-être !
On rencontre donc aux Chagos des navigateurs pleins d'expérience, as du bricolage et de la survie, pêcheurs et plongeurs hors pair. Il y a aussi quelques rois de la combine...

D'année en année, plus ou moins avec l'accord des autorités du British Indian Ocean Territory, ils ont aménagé les ruines du village de Boddam pour améliorer leur séjour. Le puits du village est donc toujours entretenu et nous y avons puisé une eau très fraîche. Tout est à disposition pour faire sa lessive ou brûler ses ordures.
Mais il y a aussi des courroies de rechange pour moteur ou même des voiles !
Mais les marins des Chagos pensent aussi (et surtout ?) à la détente ! On trouvera donc aussi un terrain de volley et des barbecues sur lesquels on verrait très bien griller quelques langoustes au coucher du soleil.
La mise en place d'un permis de séjour payant a réduit le nombre de voiliers de passage aux Chagos. Les anciens racontent qu'il n'était pas rare de voir 60 bateaux au mouillage il y a 20 ans... Je vous laisse imaginer les fiestas...
L'entrée aux Chagos doit se faire à vue. La carte est réputée tout à fait inexacte. Soleil dans le dos, il faut donc repérer les patates de corail et guider le barreur.
"Un peu à droite". "Un peu à gauche". "Patate à 100 mètres". "Quelle est la profondeur au sondeur ?"
Au fur et à mesure, l'oeil s'ajuste, on devine les contours des coraux à travers l'eau transparente. La passe est là, droit devant, on entre dans le lagon, toujours prudemment.
Et soudain, des mâts ! Un, deux, trois, quatre, cing voiliers au mouillage !
Quelle joie ! Du 1er mai au 25 juin, nous n'avions rencontré qu'un seul bateau comme le nôtre.
Ils s'appellent Bill, Ralf ou Tiger pour les plus anciens, Rachel et Elizabeth pour les plus surprenantes, ce sont les marins des Chagos.
Notre séjour fut bref, mais l'accueil dans ces îles du milieu de l'Océan fut chaleureux. D'appels radio en apéros et barbecue, nous découvrions les nouveaux Chagossiens.
Ayant souvent totalement rompu les amarres avec leur vie de terriens, ils voyagent sur les mers depuis au moins dix ans.
Ralf, d'origine allemande et ancien directeur d'une aciérie en Afrique du Sud, a construit lui-même Mariposa, un ketch en acier. La légende raconte que sa femme et lui ont passé un an et demi d'affilée aux Chagos. Dont 4 mois sans voir personne !
Bill et sa femme ont quitté l'Afrique du Sud sur Jenaime il y a bientôt 15 ans, leur bateau est leur seul bien et l'Indien est leur jardin, c'est la 8ème fois qu'ils viennent ici.
Tiger, un canadien, est le vétéran. Il vient de fêter son 70ème anniversaire et les 40 ans de son bateau ! C'est lui qui nous a guidé vers un bon mouillage pour Lafko devant l'île Boddam, nous aurions apprécié parler un peu plus avec lui mais il était très pris par des travaux : 2 jours à plonger en apnée sous son bateau pour étanchéifier l'arbre d'hélice !!! Qui d'entre nous le fera dans 40 ans ??? Lors de notre départ, sa femme nous salue à la radio : "Lafko, Lafko, I can see you and you're looking goooooddd !!!" :) Lafko file alors vers Maurice.
Quant à Rachel, c'est à 54 ans qu'elle a quitté Seattle pour naviguer en solitaire sur Ventana. 3 ans plus tard, décidée à traverser le Pacifique, elle cherche un ou plusieurs équipiers. Elle fait alors connaissance d'Elizabeth. 35 ans, Norvégienne dont les cheveux, les yeux et la stature nous font immédiatement chercher un drakkar tiré sur le rivage. Cela fait maintenant 7 ans que les 2 femmes naviguent ensemble, avec pour objectif de rejoindre l'Amérique. Dans 5 ans peut-être !
On rencontre donc aux Chagos des navigateurs pleins d'expérience, as du bricolage et de la survie, pêcheurs et plongeurs hors pair. Il y a aussi quelques rois de la combine...
D'année en année, plus ou moins avec l'accord des autorités du British Indian Ocean Territory, ils ont aménagé les ruines du village de Boddam pour améliorer leur séjour. Le puits du village est donc toujours entretenu et nous y avons puisé une eau très fraîche. Tout est à disposition pour faire sa lessive ou brûler ses ordures.
Mais il y a aussi des courroies de rechange pour moteur ou même des voiles !
Mais les marins des Chagos pensent aussi (et surtout ?) à la détente ! On trouvera donc aussi un terrain de volley et des barbecues sur lesquels on verrait très bien griller quelques langoustes au coucher du soleil.
La mise en place d'un permis de séjour payant a réduit le nombre de voiliers de passage aux Chagos. Les anciens racontent qu'il n'était pas rare de voir 60 bateaux au mouillage il y a 20 ans... Je vous laisse imaginer les fiestas...
Naissance d'une passion...
La nuit, en traversée, on est seul, seul face à la mer, seul sur le pont, seul sous les étoiles, seul contre le vent et les vagues; enfin seul.
Car dans un projet comme celui-ci il y a toujours du "bruit" qui parasite, se retrouver seul sur un bateau est difficile, il y a toujours des interactions.
Alors la nuit, en quart, c'est l'instant de silence intérieur, bercé par le vent qui siffle, brumisé et baloté par les vagues et enveloppé de la voie lactée tantôt scintillante tantôt voilée par les petits nuages caractéristiques de l'Alizé.
La nuit, j'aime à peaufiner le réglage des voiles, à désembrayer le pilote automatique, à m'installer à la barre, à caler les haubans dans une étoile ou une constellation, là, dans l'ombre de la civilisation, dans la pénombre de la nuit, au gré du temps et du cycle de la lune, tous les sens sont en éveil, pour bien naviguer dans ces mers formées.
Pourtant, je suis seul, et dans ce laps de temps de 1h30, mon esprit voyage, libre de courir, dans cette atmosphère de recueillement intérieur aussi intense qu'est la vie et le mouvement alentour.
Cette nuit, il est 3h10, je me demande ce que je fais là.
Par 15° de latitude Sud, entre les Chagos et Maurice à 1200Km de toute terre habitée. Sur mon bateau!
J'ai déjà vécu tant et tant de choses! Tant et tant.
Alors je fouille ma mémoire, je regarde morceau par morceau mes souvenirs, je surfe dans mon esprit, esquissant un sourire, ou étouffant un sanglot.
J'arrive en 1989, ou dans les environs, je dois avoir l'"âge de raison", et mon parrain m'a invité pour ma première croisière! Belle-Île bien sûr est la destination, le voilier fait 7 mètres, et mon seul souvenir de navigation est: "on a les chandeliers dans l'eau". Ca soufflait frais entre Houat et Belle-ile, et cette gîte prononcée n'a semble-t-il altéré en rien ma soif d'eau et de grands espaces.
Les années suivantes verront donc une succession de sorties en baie de Quiberon, avec à la clef un record de 3 maquereaux sur une même ligne de traîne! à 10 ans je ne suis pas peu fier.
A 15 ans l'histoire s'accélère. Mon parrain toujours lui, (skipper chevronné), soucieux de mon équilibre, me propose un poste sur son bateau pour les régates du Crouesty. C'est le catalyseur!
Humm, il est 3h45, je change d'étoile, la précédente est maintenant derrière la grand voile.
Toute l'année, les régates s'enchaînent, maintenant sur plusieurs équipages, puis en étudiants, tout y passe, les WE, les vacances, pour s'achever des années plus tard par le Tour de France à la Voile. Que de milles parcourus "à fond", avec pour seul objectif la performance. Mais quelle école! Tactique, stratégie, réglages, manoeuvre, finesse de barre, météo, effets de site, courants, préparation du bateau, cohésion d'équipage, skipper...
Dans l'intervalle les croisières sont aussi présentes, de plus en plus, à travers la Bretagne puis l'Europe. Un autre style, d'autres compétences. Le mouillage, l'avitaillement...
Les lectures suivent... ou précèdent plus souvent, Monfreid, Moitessier, Slocum... mais l'action se passe rarement sur nos côtes...
Alors... alors quand Florent me parle d'un bateau à vendre en Malaysie, c'était presque naturel.
Naturel, mais surtout extraordinaire et fantastique! Imaginez donc!
4h25, le point, tiens, 172 milles/24h et 8,7 noeuds au GPS, on va améliorer le record! Quelques lignes dans le carnet de bord et Franck va prendre le quart.
Frédéric
mardi 27 juillet 2010
Chagos TV Two
Sur Chagos TV Two, on vous montre la terre plutôt que la mer.
Et sur Boddam Island, on trouve des monstres : les crabes de cocotier !
Et sur Boddam Island, on trouve des monstres : les crabes de cocotier !
(La régie vous conseille fortement de tourner la tête d'un quart de tour vers la gauche !)
Le crabe de cocotier est le plus gros crabe terrestre, il peut atteindre 1 mètre de largeur !
Impressionnant lorsqu'on tombe dessus au détour d'un sentier.
Aux Chagos, c'est une espèce protégée. Plus d'informations ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Crabe_de_cocotier





