jeudi 16 décembre 2010
La Croix du Sud
Le ciel est clair, la lune vient de se coucher, voici la Croix du Sud. Très basse sur l’horizon, nous la perdrons certainement de vue dans les prochains jours. Cap au Nord, 18 ans après, Lafko rentre à la maison, chez nous, les Pektchévés…
Etoile polaire du monde austral, repère des anciens navigateurs, elle symbolisait l’inconnu, la direction à suivre pour de nouvelles découvertes, de nouvelles aventures.
Aujourd’hui, qui la regarde, à part le poète ? Nos villes sont pleines de lumières inutiles qui nous aveuglent et nous cachent la beauté du ciel.
Quand avez-vous levé les yeux vers les étoiles pour la dernière fois ? Elles sont des milliers et nous nous en émerveillons tous les soirs. Il ne se passe pas une nuit sans qu’une demi-douzaine d’étoiles filantes embrase le ciel. Militons pour le retour du couvre-feu, un jour par semaine, un jour de féérie accessible par tout un chacun depuis sa fenêtre !
« Luz para todos » annonce fièrement la mini-centrale électrique d’Ilha dos Lençois, hameau brésilien perdu entre les dunes, l’océan et la jungle amazonienne. Ici aussi, la Croix du Sud disparaîtra bientôt !
Rentrant à la table à cartes, j’ouvre le livre de bord.
24 juin 2010 : Entrée de Lafko dans l’Hémisphère Sud !
Frédéric, Antoine, Franck et moi-même naviguions entre 2 atolls maldiviens. C’était l’Indien, le premier océan de notre voyage. Et notre premier passage de l’Equateur, l’entrée dans les fameuses Mers du Sud qui occupent une bonne place dans la biblithèque du bord !
On y trouve bien sûr «Vagabond des Mers du Sud » de Bernard Moitessier, qui m’a beaucoup inspiré pour tracer l’itinéraire de ce voyage.
« Dans les Mers du Sud » de Stevenson et « Contes des Mers du Sud » de Jack London viennent ensuite.
« Découvertes dans les Mers du Sud » qui relate le voyage de Bougainville, vieil ouvrage de la bibliothèque familiale.
La Croix du Sud, c’est aussi elle qui guide Lafko, l’homme, le dernier des Hommes, des Kaweskars, indiens Alakalufs dont on ne se souvient pas. C’est le buisson ardent de son peuple, fuyant toujours vers le Sud, à la recherche de la Paix et de sa Terre Promise.
Les Mers du Sud, ce sont aussi tous ces amis passés à bord, toutes ces rencontres vécues depuis 8 mois et le départ de Malaisie.
Nous sommes repassés au Nord et pourtant il nous reste tant à voir dans ces Mers du Sud. Nous n’avons fait qu’effleurer le Brésil. On nous parle de très belles navigations en Argentine. Et bien sûr l’immense Pacifique !
Entre les deux, le mythique Cap Horn.
Nous sommes maintenant à Kourou, fragment d’Europe en bord de jungle. D'ici partent des fusées et des satellites, vers la Croix du Sud !
Un dernier coup d’œil au cap avant de passer mon quart.
Non, Lafko ne fait pas demi-tour. Arka, cap au Nord et c’est bien ainsi.
A bientôt, les mers du Sud !
Welcome to paradise, welcome to Fernando de Noronha !
s l’île de l’Ascension, nous touchons la première terre du nouveau continent ! Il est 7h15 Lafko Time. En fait vu le schmilblik des fuseaux horaires, des passages à l’heure d’hiver en France et tout le toutiquanti, nous opté pour une solution simple, créer notre propre fuseau horaire, c’est le « Lafko Time », notre temps, celui fourni par la pendule du bord, et c’est très bien comme cela... hé hé. A chaque escale, nous avons donc tendance à demander par VHF « what is your local time » avant d’atterrir…Où en étions nous donc ? A oui, l’arrivée… Face au soleil, un relief très irrégulier apparaît devant le génois… Brasil ! Ces pics et ces creux sont vraiment surprenants, comme un volcan qui aurait essayé de faire irruption à de multiples endroits.
Nous contournons l’île par le nord et entrons dans la baie de San Antonio. Face à nous le Morro do Pico, le majestueux sommet de l’île ressemblant à une figurine de l’île de Pacques, qui domine toute l’île et veille sur ses habitants. Nous affalons les voiles tout en remontant un thon jaune et une petite bonite qui mordent au même moment sur nos lignes de traines. 10h30, Lafko est mouillé dans la baie avec un autre voilier au milieu de barcasse de pêcheurs. Après une brève séance de découpe du fruit de notre pêche (ce qui intéresse beaucoup les Frégates locales), nous débarquons à terre, direction Port Control pour les formalités… sur les traces de Moit, Moit (Bernard Moitessier), qui y a fait un court passage vo
ila une cinquantaine d’année. Toute l’île est réserve naturelle brésilienne ; le site qui est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO est réellement paradisiaque (c’est vraiment un truc de fous, nous y reviendront) et le gouvernement brésilien le sait bien et applique une taxe gigantesque à tous les touristes visitant l’île, qu’ils débarquent en avion, en ferry ou en voilier. 200€ le mouillage pour une nuit ? Si, si c’est possible ! C’est la taxe, « la tache » en portugais… Oui, oui comme en français avec un « ch » comme on met (presque) partout en portugais ! Chéro, c’est certain, du coup les formalités d’entrée représentent une étape assez stricte où on vous lance un bon paquet de question. Tout va bien si on respecte les règles, mais on sent bien que ça peut vite déraper à la moindre entourloupe. Le tout est d’arriver à détendre l’atmosphère avec un peu d’humour, ce qui n’est pas chose simple vu que personne (ou presque) ne parle anglais. Nous tentons de nous débrouiller avec les moyens du bord ; c’est en « portugnol » (subtile mélange de quelques mots de portugais appris sur le tas et nos connaissances en espagnol) que nous tentons d’aborder la communication… Pas simple, mais en prononçant les mots « Seleçao » (équipe nationale brésilienne de football), « Zidane »… on commence à détendre atmosphère et à établir un semblant de d’échange. Pacecho, l’officier de garde, finit par bredouiller quelques mots de français ! Ouf ! Nous p
assons donc à un mode « français petit nègre » avec lui qui assure la traduction en portugais avec toutes les officiels qui défilent dans le bureau pour faire les formalités. « Heu, c’est vous sur la photo de ce passeport ? Mais sur la photo vous n’avez pas de barbe ? ». Une fois la pénible séance achevée (et le petit saut à l’aéroport avec Bernardo le gars de la marina pour aller chercher de l’argent au seul distributeur de l’île), nous discutons quelques instants avec Pacecho qui nous donne gentiment quelques bons plans et se débrouille pour trouver une place pour notre thon jaune et notre bonite dans un réfrigérateur d’un des restos du coin… TOP !
« Hey, y’a un autre bateau français qui entre dans la baie ! ». Des Toulousains venus d’Europe via les Canaries, et les îles du Cap Vert. Deux génois déchirés et une traversée assez rude au travers du Pot au Noir (Zone d’interconvergence Tropicale).
Petit resto tapas pour nous remettre d’attaque, Wifi « tombé du camion », et hop nous voilà dans le bus avec Julien, un rencontré 5 minutes plus tôt… Direction, LE spot de couché de soleil de l’île, Praya Do Americano (petit bar sur les hauteurs où les habitants viennent nombreux à ce moment précis de la journée) depuis lequel on peut admirer les Dos Irmanos (les deux frères), rochers jumeaux devant le soleil. « Whaaaa » s’écrit Guillaume, nous autres sommes plutôt en mode « scotch »… Nous admirons le soleil disparaître derrière l’horizon et repartons dare dare sous les premières attaques de moustiques (taillau !) direction la chambre d’hôtel de Julien à Vila Dos Remedios pour se prendre un petit apéro et petite douche ! Ah ! Quelques instants plus tard nous sommes dans un petit resto pour gouter les spécialités locales, puis petit café concert dans la soirée… nuit. Nous repartons à pied par le chemin des écoliers direction le port. Arrivés sur le quai, un homme nous aborde en nous demandant si nous pouvons le ramener à son bord… sur le bateau militaire mouillé en arrière de la baie. A cinq dans notre petite annexe en aluminium au raz de l’eau avec un fond d’essence dans le réservoir ? Allé, hop c’est parti ! Pas de problème pour rejoindre le bateau militaire… Une fois arrivés notre passager réveille le pacha du bord pour tenter de nous négocier un peu d’essence, mais avant que ce dernier de comprenne réellement ce qu’il se passait, nous avions déjà largué les amarres direction Lafko (l’annexe commençait à prendre l’eau avec le fort clapot). C’est donc en mode sous marin (prenant chaque vague de plein fouet) que nous avons fait le chemin en direction de Lafko en espérant que notre moteur, déjà assez capricieux, ne nous fasse pas le coup de la panne. En plan B, nous avions toujours… les rames. A l’arrivée, rien de sec je crois. Non, rien.
Lendemain dimanche ! Nous abordons la journée avec un grand espoir de trouver une messe sur l’île vu que nous sommes maintenant en terre catholique… Nous arrivons à 10h à la petite église de Vila De Remedios. Quelques fidèles sont déjà présents. Au bout de 15 minutes, voyant que le prêtre n’allait sans doute pas venir, une personne a proposé de faire une prière ensemble. Et bien, mine de rien, même si nous n’avons pas célébrer la messe, ce moment fut assez fort.
Avec nos trois sous en poche (le budget de l’escale ayant été bien attaqué par les taxes locales) nous filons vers Baia Do Sueste (la plage de
Sur la plage, nous voyons une femme se prenant toute seule en photo. Nous lui proposons de la prendre, ce qu’elle accepte bien volontiers et nous demande de la prendre en photo avec nous… En quelques instant nous avons fait connaissance de Nadir, puis de Edson, son ami qui nous à rejoint quelques instants plus tard. Nous sommes donc rentrés tous ensemble, à 6 dans leur buggy direction le port…
Une fois arrivés, nous retrouvons Julien qui nous attendait à une terrasse en bossant avec son ordinateur portable. Restau sur la plage ? Comment faire quand on a plus de sous et qu’on ne parle que le portugnol ?
1. Trouver quelqu’un qui se bredouille honorablement en portugais => Merci Julien.
2. Trouver un moyen de faire du troc => Nous avons proposé à un petit resto la moitié de notre thon contre le fait qu’ils nous le cuisine avec un accompagnement.
Et hop, un petit diné sur la plage sans mettre la main à la poche… Royal !
Petit au revoir à Julien qui doit prendre l’avion demain pour Fortaleza (!) où nous avons prévu d’arriver le 2 décembre au soir… Pour une fois, ce n’est donc pas un « au revoir » avec une rencontre d’escale, mais un « A toute ».
Voila, il est l’heure de retourner sur Lafko pour reprendre la mer vers Fortaleza. Mais le moteur d’annexe en a décidé autrement, il ne démarre pas. Un peu désemparés nous demandons à un pêcheur de nous pousser avec sa barcasse et son moteur Long Trail.
Jean-Christophe
mardi 14 décembre 2010
vendredi 10 décembre 2010
Breaking News
L'île de l'Ascension
Plages de sable jaune très clair bordées de roche volcanique, l’île de l’Ascension est assez différente de sa sœur Sainte Hélène.
Sur l’île on compte environ 800 habitants, principalement de
s Saints (d’origine de Sainte Hélène) mais également des européens et des américains. La raison de la présence de l’homme sur ce petit rocher perdu, bien plus petit que l’île de Sainte Hélène, est intimement liée à l’activité militaire. Les anglais puis les américains y installèrent respectivement des positions avancées qui sont toujours en activité aujourd’hui bien que moins actives que pendant la période de la guerre froide et la guerre des malouines. Une île dans l’île, chacune de ces bases sont totalement indépendantes (production d’électricité par l’éolien, gestion des vivres, aéroport pour la base américaine, …).
Quant à la présence animale, c’est à la tortue que revient la palme ! De Novembre à Mai il y a environ 4 000 tortues qui viennent se reproduire sur l’île principalement en provenance du Brésil. On trouve également les plus gros dauphins (mais ils étaient certainement occupé ; nous n’en avons pas vu un seul) ainsi qu’une espèce rarissime de poisson (Black Trigger Fish) qui se nourrit de petites algues qui se collent peu à peu à la carène (cf.
Au niveau végétation, l’île est coupée en deux, le côté sous le vent (Ouest) est très aride, l’autre étant vraiment tropical.
Green Mountain est le point culminant de l’île (859m). On y trouve un chef d’œuvre de géni civil : un récupérateur à eau de pluie composé d’une large étendue de dalles de béton situées sur les pentes de la côte au vent. En contrebas, on peut voir les ruines d’un moulin à vent qui servait à transvaser l’eau collectée vers le côté de l’île où les trois villages principaux se trouvent : Georgetown, One Boat et Two Boats.
Comme à Sainte Hélène, l’économie est limitée à son strict minimum, phénomène qui est encore plus marqué ici : le gouvernement partage le même bâtiment que la banque, la station service ouvre tous les jours jusqu’à midi (après faut pédaler), Port Control (la capitainerie) fait aussi agence de voyage pour l’aéroport, le service de police se limite à trois personnes…
A l’horizon l’île ressemble à quelques chapeaux chinois de différentes couleurs (vert, orange, violet) placés les uns à côté des autres ; leur couleur correspond soit à la couleur de la terre (sèche), soit à un type de végétation tropicale. En s’approchant, on commence à deviner les canons, les antennes et bunkers de la base américaine sur l’Ouest de l’île, puis Georgetown, la ville principale.
Petit dej sur le pouce, et appel à Port Control par VHF. C’est bon, nous pouvons débarquer. Nous hissons notre pavillon jaune (les formalités n’étant pas encore faites). Au mouillage, personne. Nous sommes le seul voilier au milieu des quelques barcasses de pêcheurs ! Nous mouillons dans le sable dans
Quelques instants plus tard nous sommes sur le quai avec l’annexe que nous devons remonter par un escalier d’une dizaine de mètes pour ne pas qu’elle gêne le débarcadère. Sport ! Petit tour à Port Control. On nous demande directement si nous connaissons « Franck ». Comment cela ? Il y a des gens qui le connaissent ici ? C’est en fait l’île de Sainte Hélène qui a prévenu que nous allions débarquer pour y déposer Franck qui après 7 mois à bord de Lafko, rentre pour un mois en France. Visite à l’immigration, à la banque, nous finissons ainsi notre parcours administratif (ici pas de douanes, ouf). Etant donné que nous nous sommes fixé qu’une seule journée sur l’île, il ne faut pas traîner : une équipe avitaillement, une autre pour régler le paiement du mouillage à Port Control, nous nous donnons rendez‐vous à un endroit une fois que chacun a terminé (pas moyen d’utiliser un éventuel téléphone portable pour se trouver, ici pas de réseau GSM). Mission suivante, trouver Cedric, l’ami de Bishop John. Après avoir demandé à quelques passants nous finissons par trouver sa maison. Nous sonnons. Un homme ouvre et s’écrie : « Bishop John ? I’ll show you the Island » avant même que nous n’ayons pu dire un bonjour… Décidément encore une personne très ouverte ! Bon, c’est clair que venant de la part de Bishop John, il était difficile de mal tomber… et lorsque l’on s’essaye à faire connaissance avec un parfait inconnu, on trouve également que des gens aussi géniaux… Même les personnes pressées (ça existe aussi ici, dans une certaine proportion) arrivent à trouver le temps de conduire deux lafkoboys à la station service pour remplir leurs jerricans. Pour retourner au port, nous arrêtons la première voiture de passage, un allemand sort de sa voiture avec un grand sourire. Re‐personne sympa ! Décidément ! Arndt est Allemand. Il vit au Pays de Galle depuis de nombreuses années. Il est sur l’île pour une semaine comme expert réservoirs… pour l’armée, inutile de le préciser. Il nous raccompagne au port, nous aide même à décharger les jerricans, et passe un bon quart d’heure avec nous à discuter sur le quai.
Cédric nous emmène ensuite faire le tour de l’île. En configuration sardines (4 derrières, un devant) nous montons dans sa voiture. Premier virage, ça y est, ya le pot d’échappement qui touche le sol ! Première étape, visite des 4 pubs de l’île puis nous plongeons dans la fraicheur verdoyante de Green Mountain (le point culminant de l’île). Quel contraste avec les paysages secs des alentours du port ! Sommes-nous toujours sur la même île ? Sur le chemin du retour, nous longeons une forêt de bananiers… qui dit bananiers dit bananes ! Seul problème, les magnifiques bananes (une grappe d’une trentaine) sont situées à environ
Le soir, de retour dans la partie aride de l’île, nous allons faire une petite visite à la base américaine, non loin de Georgetown. Cédric nous pousse. On trouvera bien une autre voiture pour nous reconduire au port. Dans le seul endroit de vie de la base (un snack et un bar) nous sommes étonné de voir que l’ensemble du mobilier est de style américain… on se croirait à la limite dans un épisode d’Happy Days, « Fanzy » ne doit pas être très loin. Ici vous payez avec des Livres de Sainte Hélène (une chance que ce soit possible), on vous rend la monnaie en dollars américains !
Dans quel pays sommes-nous finalement ? Royaume‐Uni ou Etats‐Unis ? Quelques individus avec des chapeaux texans, sur l’écran de la télévision géant un match de football américain… pas de doute nous sommes bien ici aux Etats‐Unis ! Nous faisons connaissance avec Natacha, une militaire qui est depuis un certain temps sur la base. Après avoir écouté le bref récit du voyage de Lafko, elle nous demande sans tarder si nous avons besoin de quelque chose et nous organise un lift pour nous reconduire au port. Notre chauffeur n’est autre qu’un des trois gendarmes de l’île.
Voila, il nous faut déjà repartir… Derniers au revoir à Franck qui va attendre une semaine le prochain avion pour
Adieu les roches volcaniques, prochaine escale… Braaazil ! A nous le pays de
Jean-Christophe
jeudi 9 décembre 2010
mercredi 8 décembre 2010
Lafko sur Saint FM, la radio du Sud... de l'Atlantique Sud !!
Sainte-Hélène et sa radio, Saint FM !
Une grande première pour Lafko, c'est notre premier interview. Totalement improvisé, nous vous laissons apprécier.
Voici donc l'enregistrement de l'émission :
It's in English et on nous a gentiment fait remarquer que notre accent était parfois plus compréhensible que celui des locaux :)
Merci à Mike pour nous avoir donné la parole sur les ondes de Saint FM !
Lafko TV #6 : Sainte Hélène
La bande son intégrale de l'interview sera publiée dans le prochain article (à paraitre également aujourd'hui).
Jean-Christophe
lundi 6 décembre 2010
jeudi 2 décembre 2010
mercredi 1 décembre 2010
Une île au milieu de nulle part : Sainte Hélène
Jeudi, 7h20 après un peu plus de 9 jours de mer, TERRE ! Devant l’étrave de Lafko, une masse très sombre sort peu à peu de la brume à l’horizon sur bâbord, une falaise de roche volcanique d’une hauteur invraisemblable, au milieu de nulle part… ou plutôt d’un océan, l’Atlantique.
Quelques nuages encore accrochés laissent peu à peu apparaître l’île en entier. A mesure que nous nous approchons, nous pouvons deviner sur les hauteurs une végétation très dense. On croirait ce morceau de terre oublié qui aurait échappé à la cartographie mondiale, comme jamais découvert ou sorti droit de l’imagination de Steven Spitzberg pour un scénario de Jurassic Park. Le monde perdu de Sainte Hélène ! On s’attend à tout moment à y voir surgir un tricératops ou autre créature imaginaire. A la jumelle on distingue les couches de lave empilées par les différentes éruptions du volcan qui a permis à l’île de se former il y a bien longtemps.
Derrière le cap, vers lequel l’étrave de Lafko pointe, la ville principale de l’île devrait se cacher, Jamestown. Nous ne voyons toujours aucun signe de vie, que de la roche tombant à pic dans la mer. Nous faisons une première tentative pour joindre le port à la VHF : « Port Control, Port Control for sailing yacht Lafko ». Pas de réponse. Un grain arrive ; une rafale impressionnante à plus de 30 nœuds avec des changements de direction viennent perturber nos derniers milles. 30 secondes plus tard (montre en main), plus rien, pétole, le grain est passé. Comment on fait pour naviguer avec des conditions pareilles ? Vu que le port n’est pas loin, nous affalons les voiles pour continuer au moteur… Nous doublons le fameux cap et découvrons une rangé impressionnante de maisons perchées sur un plan incliné à 20° à 400 mètres de haut, puis quelques corps morts rouge (bouées d’amarrage) à environ un mille devant nous… Aux pieds de la rangée d’habitation une baie, dans laquelle la petite ville de Jamestown est abritée.
Sur l’île pas d’aéroport, le plus proche est au niveau de la base militaire américaine de l’Ascension, à 3-4 jours de mer de ferry ce qui rend l’île l’endroit le plus isolé de la planète, et pourtant 4 000 hommes et des femmes vivent ici (nous avons eu un peu de mal à trouver le bon chiffre).
Autrefois, avant que le canal de Suez ne fût achevé, environ 1 000 bateaux y faisaient escale chaque année (soit presque 3 par jour). Aujourd’hui, seul le RMS Saint Helena, un cargo-ferry (marchandises et passagers) vient ravitailler deux fois par mois depuis Cape Town (parfois via Walvis Bay) les îliens avec les produits qu’ils ne peuvent pas fabriquer localement. Il met 4-5 jours depuis Cape Town, et 6-7 s’il passe par Walvis Bay. Les autres navires sont exclusivement des voiliers qui font plus ou moins la même route que nous vers le Brésil. Autrement dit, lorsqu’un bateau de plaisance entre dans la baie, rapidement tous les habitants sont au courant. Impossible de passer inaperçu. Sitôt avions nous mis le pied à terre que nous étions repérés… « A c’est vous le bateau bleu ? ».
Port Control, Immigration, Douanes… l’éternel rituel pour entrer dans un pays étranger avec un voilier. A Saint Hélène il y a une étape supplémentaire ; on vous demande la preuve que vous avez bien une assurance santé permettant de vous porter assistance s’il vous arrive quelque chose de grave sur l’île, vu que l’hôpital de Jamestown n’est pas vraiment prévu pour soigner de graves pathologies ou des blessés lourds. Si vous n’en n’avez pas, il est toujours possible d’en prendre une (~£1/jour) ou de s’en tirer en faisant une lettre où vous déclarez sur l’honneur que vous prenez entière responsabilité… En cas de problème de santé important les patients sont évacués d’urgence à Cape Town par… le RMS Saint Helena, soit entre 5 et 7 jours de mer face aux vagues ! Sport !
Une fois le parcours administratif, place aux choses un peu plus agréables : laverie, douche, resto, et si possible Internet. Grâce aux notes que nous avions pu glaner à Cape Town, nous avons pu savoir que le Consulate Hotel offrait des douches chaudes aux plaisanciers. Nous décidons donc de planter le camp au restaurant cet hôtel. Petit Fish & Chips (nous sommes en terre anglaise), et hop nous établissons le contact avec la patronne qui nous propose sans tarder deux salles de bain, dont une avec une baignoire ! Aussi, juste avant le repas, elle vient nous voir et nous offre un pain pour le bateau… 15 secondes plus tard, nous avions craqué (en attendant les plats), coupant déjà des tranches. La patronne est revenue quelques instants plus tard pour nous proposer de mettre le pain dans un sac en papier pour ne pas qu’il sèche… Premier contact avec les îliens… Mais comment est-ce possible d’être aussi gentil ?
Ici tout le monde se connaît, on s’y sent un peu comme en famille. Et lorsqu’un nouveau arrive, il est rapidement intégré. Chacun se salue dans la rue, se klaxonne sur un ton amical, connus ou inconnus, qu’importe, tout le monde est habitant de l’île.
Les Saints (c’est ainsi que l’on appelle les habitants) se font mutuellement confiance… totalement… inimaginable. « Tu ne peux pas me payer aujourd’hui, et bien ce n’est pas grave, repasse demain avec la somme ».
La micro société est parfaitement organisée : une poste, une banque, une station service, une école, une laverie, un petit hôpital assurant le strict minimum… Pas ou peu de concurrence entre les acteurs de l’économie. Chacun tient simplement sa place et c’est très bien comme cela. Loin de nous cette idée que le manque de concurrence pourrait favoriser une position de monopole de l’un ou de l’autre ; ici ce n’est décidément pas l’esprit. Du coup, pas de publicités dans les rues ! Pas non plus de besoins sophistiqués en dehors des produits de base. La petite économie de Sainte Hélène tourne tranquillement, peut être trop même ; vraiment nous n’avons pas réussi à nous habituer à l’idée que les premiers magasins ferment à 15h, les derniers à 17h. Du coup dès 18h, il n’y a plus une mouche qui vole en ville.
Les îliens prennent le temps, et beaucoup de temps pour les autres. Tout le monde se rend mutuellement service, c’est incroyable.
Vu de l’extérieur, on à l’impression que la micro société de Sainte Hélène est très saine… et bien franchement on ne trouve rien à dire si ce n’est que les problèmes de petite délinquance chez les adolescents qui finissent par tourner en rond un jour ou l’autre. Chaque année, les maigres subventions provenant du Royaume-Uni permettent à une petite poignée d’élèves (les plus brillants) de quittent l’île pour faire leurs études (souvent au Royaume-Uni), les autres restent, zonent et finissent trouver un petit boulot. Dernière anecdote au sujet de la petite délinquance… Ne jamais poster de cartes postales un vendredi ou un samedi, les jeunes de l’île trouvent souvent un malin plaisir à verser le contenu de leurs cannettes de bière dans les boites aux lettres… Mieux vaut donc confier vote courrier à quelqu’un de confiance qui pourra les poster ultérieurement à votre place.
Le vendredi soir on retrouve tout ce petit monde au concert du coin… comme une grande famille : la fille des douanes, la caissière du petit supermarché, la fille de la société d’assurance, et quelques visages croisés dans la rue quelques instants plus tôt.
Sainte Hélène beaucoup d’atouts ; le relief de Belle Ile, la variété d’espèces de Bréhat, le côté grande famille de l’île de Ré, le côté inaccessible de l’île d’Yeu, la végétation de la Martinique, le côté british de Jersey, le relief de la Corse… C’est juste incroyable, tout cela au même endroit.
On se sent ici comme dans un petit village de haute montagne, le froid en moins, la mer en plus.
Sainte Hélène est une île improbable, qui ne fait ni partie du continent africain ni du contient américain, située à des centaines de milles de la première terre si l’on fait exception de sa petite sœur l’île de l’Ascension à 700 milles au Nord Ouest (1 mille = 1,852 km).
La monnaie est la Livre Sterling de Sainte Hélène qui a un taux de change fixe avec la Livre Sterling anglaise et qui ne peut être obtenue qu’à Sainte Hélène ou l’Ascension. Cette monnaie est distribuée par la Bank of Saint Helena à Jamestown, pas d’autre établissement et encore moins de distributeur automatique de billet (ATM) sur l’île.
Au niveau des moyens de communication, pas de réseau téléphone GSM (même s’il est parfois possible de recevoir des SMS juste sur le site du Pavillon de Briars situé non loin de la Cable & Wireless Company, mais nous n’avons pas réussi à comprendre comment cela était possible). Concernant Internet, ça fonctionne, mais à une lenteur à décourager les rares occidentaux de passage. Certes, les moyens sont assez rudimentaires, pourtant on trouve quant même une radio sur l’île, Saint FM, la seule radio de l’île, qui émet de 90.0 MHz à 96.0 MHz (autrement dit extrêmement large), et qui couvre la diffusion sur l’archipel Tristan Da Cunha (bien au sud de Sainte Hélène) et les Malouines au large de la Terre de Feu. L’arrivée de Lafko et sa bande de french sailors n’est tellement pas passée inaperçue que nous avons eu le privilège d’être reçu à la radio par Mike pour une interview pour dire quelques mots sur le projet Lafko (Malaisie > France) ! Premier micro de Lafko... dans la langue de Shakespeare. Après la Lafko TV, la Lafko Radio, on se diversifie ! Concernant les numéros de téléphone, quatre chiffres suffisent, tout comme les plaques d’immatriculation des voitures (minimum un chiffre, maximum quatre).
Et nos rencontres ? Comme souvent, nous sommes surpris par les personnes que nous rencontrons. Le monde est décidément peuplé de gens sympa !
Nous venons d’évoquer Mike, très drôle, qui gère la radio de manière très décontract, en tongs ! Nous avons aussi rencontré Fay qui travaille dans les aspects sociaux (sensibilisation des jeunes à des sujets importants : sexualité…). Elle a découvert l’île dans les années 90 et a tout fait pour y revenir. Aujourd’hui mariée à un sud africain, ils se sont établis sur l’île pour 3 ans. Nous avons passé un bon moment avec elle vu que c’était le week end… Les adieux furent un peu déchirants, pour marquer le coup elle nous a même fait un gâteau aux pommes que nous savourons aujourd’hui sur le bord avec nostalgie. Nous avons également fait la connaissance de Bishop John Salt (Oratory of the Good Shepherd) de manière totalement inattendue : Qui aurait cru que nous aurions pu le rencontrer au Donny’s Place (seul endroit branché de l’île sur le front de mer) vendredi soir ? Une cigarette dans la main, une bière dans l’autre, il a commencé par nous payer sa tournée… visiblement il était très heureux de voir des croyants de passage sur l’île ! Catholiques, Anglicans, la frontière n’est décidément pas loin entre nos deux églises… Nous avons même fait une célébration avec lui samedi soir avec l’évangile du dimanche.
Nous avons croisé quelques français des sociétés Can et Jet Systems. Can est une entreprise française de BTP mandatée pour grillager la falaise aux abords de Jamestown, améliorer le port pour permettre d’acheminer les matériaux en vue de la construction de l’aéroport… ah l’aéroport, voila un sujet qui fait couler beaucoup d’encre chez les îliens… certains sont pour, d’autre non à cause des changements qu’il risque de générer dans l’île.
Nous avons tenté de rencontrer le Consul de France à Sainte Hélène, Michel Martino, visiblement il n’était pas disposé à nous recevoir...
Nos voisins de mouillage sont deux catamarans partis d’Afrique du Sud. Le premier équipage est majoritairement composé d’australiens : un couple (Johann et Henriette) et deux amis venus leur prêter main forte jusqu’aux Antilles. Ils prendront ensuite la route de l’Europe pour deux saisons complètes. Leur voilier, un Leopard 46, baptisé Scolamanzi a été construit en Afrique du Sud. Il est bourré de technologie : lave vaisselle, désalinisateur, sonar à poissons, congélateur, téléphone satellite… Nous avons sympathisé avec eux et voyant que nous ne sommes un peu mal chaussés en terme de matériel de pêche, ils nous ont donné de quoi mettre un peu de poisson dans nos assiettes. Nous échangeons nos emails téléphone satellite en espérant se retrouver aux Antilles (certainement aux Grenadines).
Le second catamaran vient aussi d’Afrique du Sud, l’équipage est compose d’un convoyeur (qui fait le trajet vers les Antilles environ 4 fois par an) et un équipage de 3 personnes venu lui prêter main forte.
Et puis il y a André et Charly, également sud-africains, qui n’ont pas leur bateau au mouillage mais sur le quai ! Eux, c’est une autre affaire. Partis des Pays-Bas, ils sont tombés plusieurs fois en rade de pilote automatique avant de terminer à barrer en continu entre Dakar et Sainte Hélène (soit 1950 milles)… Au final, lorsqu’ils sont arrivés à Sainte Hélène, ayant un doute sur la solidité de la partie avant de la coque immergée, ils ont plongé et découvert des zones importantes de fragilité. Obligé de gruter le bateau avec les moyens du bord, ils sont aujourd’hui contraints de rester à Sainte Hélène le temps des réparations…
Enfin, il y eu Robert, chauffeur de taxi qui nous a proposé un tour de l’île : « d’habitude c’est £12 le tour, mais pour les plaisanciers, je fais £10 parce que je sais qu’ils n’ont pas de sous »… Et hop c’est parti pour Le Pavillon de Briars (première demeure de Napoléon Bonaparte sur l’île), Longwood (dernière demeure de l’Empereur). Nous avons également fait un court passage sur la tombe où il fut inhumé avant que la France ne récupère son corps qui repose aujourd’hui sous le dôme des Invalides.
En fait, nous avons essayé de louer une voiture sur l’île (vu que ce n’est pas très cher : ~£10/jour), mais elles étaient hélas toutes déjà louées… on se demande un peu comment cela est possible vu le nombre de touristes sur l’île.
Samedi nous avons entrepris l’ascension du Diana’s Peak, le point culminant de l’île (823 mètres). Pour raccourcir un peu le trajet nous nous sommes fait pousser en voiture par Fay et Bishop John… afin d’avoir le temps de le faire dans la journée. Sur chacun des 10 plus hauts sommets de l’île se tient une petite boite avec un toit en zinc abritant un tampon de l’endroit. Nous avons donc tamponné les quelques cartes postales que nous avions sous la main… En fait, si l’on réfléchit bien, comme l’île de Sainte Hélène est l’endroit le plus isolé de la planète, cela fait du Diana’s Peak… le point le plus paumé du monde vu qu’il faut un certain temps pour l’atteindre.
On se souviendra enfin des soirées au Ann’s Place (restaurant - café) où l’on peut composer de grandes tablées à l’improviste, faire un peu d’Internet, acheter des timbres…
Il faut maintenant reprendre notre route. Petite douche, et hop nous reprenons l’annexe en direction de Lafko… cap sur l'île de l'Ascension.
Jean-Christophe
mardi 30 novembre 2010
samedi 27 novembre 2010
Un nouveau continent pour Lafko !
Comme à chaque fois depuis notre départ de Cape Town il y a un peu plus d'un mois, c'est au lever du soleil que la silhouette de l'archipel brésilien de Fernando de Noronha s'est offerte à nous.
J'aime ce moment magique où l'on devine une nouvelle terre devant l'étrave de Lafko. Nous avons déjà parcouru plus d'un tiers du globe en longitude depuis notre départ de Malaisie, ça commence à faire un bon bout de chemin !
L'île principale est dominée par le Morro Do Pico, un majestueux pic qui rappelle le Pain de Sucre de Rio de Janeiro. C'est le premier relief que nous avons aperçu au loin. Le soleil s'est ensuite levé et nous a dévoilé les autres îles et les habitations.
Nous avons contourné l'archipel par sa pointe Nord-Est et sommes entrés dans la Baia de San Antonio. C'est alors qu'un thon jaune et une bonite se sont jetés sur nos lignes de pêche désespérément bredouilles depuis Ascension. En pleine manoeuvre d'atterrissage ! (oui, on dit comme ça :) ).
Abandonnant la carte, je me jette sur une ligne de traîne et Damien se saisit de la canne à pêche. La vitesse de Lafko empêche nos prises de trop se débattre et elles finissent rapidement dans le cockpit (la bonite aura quand même réussi à dérouler tout le moulinet de la canne !).
Guillaume prend la barre, nous installons nos 2 ancres sur le davier et mouillons assez proches de la plage.
C'est fait, Lafko vient de mettre un pied au Brésil !
Les poissons sont vidés sous l'oeil gourmand de frégates qui voltigent au-dessus de nos têtes.
Nous débarquons ensuite et sommes accueillis par un "Bonjour mes amis !" de la part de Pacheco, un des rares habitants de l'ile qui parle une autre langue que le portugais !
Ca tombe bien, il est policier militaire et c'est avec lui que nous commençons les formalités de débarquement qui sont assez strictes. On sent qu'il ne vaut mieux pas plaisanter avec les réglements...
1h30 plus tard, après une dizaine de coups de tampons, nous sommes libres :)
A nous la cuisine brésilienne pour commencer !
(J'aperçois un voilier qui arrive, pavillon français ! chouette !!)
jeudi 25 novembre 2010
Où est donc Lafko ?
Lafko est dans les alizés, en train de traverser l'Atlantique Sud. Cela fait un petit bout de temps que nous n'avons pas mis à jour le blog car les Café Internet sont
rares au milieu de l'Océan.
Nous vous écrivons donc aujourd'hui grâce à notre téléphone satellite, vive la technologie !
Après des escales à Sainte-Hélène et Ascension, nous atteindrons très probablement samedi 27 novembre l'archipel brésilien de Fernando do Noronha.
Notre position est en ce moment-même de 4.16 degrés de latitude Sud et 27.21 degrés de latitude Ouest. (ah, ça a déjà bougé...)
Nous sommes donc sacrément rapprochés de l'Equateur et il commence à vraiment faire chaud !
La mer est bleue, le vent presque toujours constant en direction et en force. Nous naviguons quasiment nuit et jour sous spi, grande voile d'avant en forme de ballon.
Cette voile, jaune et bleue aux couleurs de Lafko, que nous avions peu utilisée auparavant, nous permet de maintenir une moyenne proche de 7 noeuds, soit 168 milles en
24h, ça défile au compteur !!
Nos journées et nos nuits sont rythmées par les quarts, pendant lesquels un d'entre nous est responsable de la bonne marche du bateau : cap, vitesse, réglages des voiles
et surveillance du matériel.
Et sinon, beaucoup de lecture, un peu de sieste, de bricolage, de cuisine, de jeux et de discussions ! Il y a aussi bien sûr la pêche, 4 lignes traquent en permanence la
dorade, le thazard et la bonite... Côté fruits et légumes, un régime de bananes se balance à l'arrière, vivement que ça mûrisse !
Voilà la vie sur Lafko, qui se prépare à aborder son 3ème continent !
A bientôt,
Florent, Guillaume, Damien et Jean-Christophe.
jeudi 11 novembre 2010
Swakopmund, ou la possibilité d’une île
Les hommes… En Namibie, la cohabitation noirs / blancs est apaisée (en tout cas plus qu’en Afrique du Sud) malgré une histoire tourmentée. Ici, point de barrières et d’agents de sécurité devant chaque résidence. Et pourtant on se demande de quoi il est possible de vivre. C’est historiquement la volonté de disposer d’un port pour alimenter les colonies africaines qui a conduit au développement de Walvis Bay. Mais la ville sera rapidement conquise par les anglais, et les allemands ne parviendront pas à la reprendre. De dépit, ils fonderont Swakopmund un peu plus au nord. Un peu plus désert surtout.
Aujourd’hui Swakopmund vit principalement des richesses minières du désert. L’uranium et le diamant. Mais l’uranium vous me direz…. c’est un peu la France, non ? Eh oui, la langue de Molière est bien vivante à Swakop grace à l’implantation d’Areva.
Nous avons eu la chance de rencontrer quelques uns de la poignée de français en exil volontaire dans ce bout du monde. Ils ne reçoivent que peu de visites de l’hexagone, les billets d’avion (pour l’Afrique du Sud d’abord, puis une correspondance pour la Namibie) depuis l’Europe étant très chers. Mais ils ont l'enthousiasme et la flamme de ceux qui construisent le monde au fond des yeux. Paul et Béatrice sont en VIE en contrôle de gestion, Raphael est stagiaire pour un an, Benoit est ingénieur et dirige une équipe de mineurs… Tous, ils vivent une vie aux antipodes du français métropolitain moyen. La mine est à 1h45 de piste avalée chaque matin dans le bus d’entreprise. Les équipes sont multiculturelles et la concurrence (par les chinois notamment) va croissante. Le travail est dur dans ce monde sec de pierres et de machines excavatrices géantes pour fouiller la terre.
Mais pour tous, la Namibie au-delà des challenges techniques et humains, c’est aussi et surtout la vie exaltante de l’Afrique. Les couleurs sont eblouissantes : couchers de soleil enflammés sur les dunes, contrastes des ocres, jaunes et pourpres avec le vert des rares plantes...
Le charme de l’Afrique est partout, depuis les statues et tissus afros ornant les murs des constructions typées allemandes jusqu’aux rires et aux accents chantants des caissières des commerces. Les paysages sont des absolus aux noms évocateurs : côte des squelettes, delta de l’Okavango, désert du Namib, desert du Kalahari, monts du Brandberg... La variété et la beauté des animaux sauvage est elle-aussi déconcertante : impalas, autruches, koudous, coyottes, springboks et oryx vivent au milieu des dunes à l'ouest du pays et éléphants du desert et rhinoceros noirs en peuplent l'est…
Bien qu'ils ne soient pas parvenus à rapporter des magnifiques cornes torsadées des koudous (de toutes façons impossibles à importer en France), les Lafko boys l’ont testé pour vous, l'accueil des exilés de Swakopmund vaut tout l'or du monde!
Où est Lafko ? A Sainte-Hélène ! et à la radio !
C'est un gigantesque rocher de 800 mètres de haut qui est sorti de la brume devant l'étrave de Lafko tôt ce matin !
Après presque 10 jours de très (trop ?) tranquille traversée depuis la Namibie, nous sommes heureux de mettre pied à terre !
Nous retrouvons ici l'ambiance des îles perdues qui ne sont accessibles que par la mer.
Il faut en effet 7 jours de ferry depuis Cape Town pour venir ici ! Autant vous dire que les habitants sont très contents de voir des nouvelles têtes !
Nous irons rendre visite demain à Napoléon dont la dernière demeure fut Longwood.
Grande nouvelle pour nos lecteurs de l'hémisphère Nord, vous pourrez aussi nous écouter par Internet sur : http://www.saint.fm/ !
Nous ne savons pas encore à quelle heure notre interview sera diffusé. A suivre !
mercredi 10 novembre 2010
Grand jeu concours pendant que Lafko traverse l'Atlantique
1/ 2 jeux de boules de pétanque
2/ un toaster
3/ un anémomètre
4/ un barbecue
5/ une tente igloo biplace
6/ un Sound System JVC
7/ un poster de Diego Forlan d’1 m sur 1.20 m
8/ un congélateur de 1 m3 220v tropicalisé
9/ une bibliothèque riche de 450 livres et 150 CD
10/ une radio BLU des années 60
11/ un fusil de chasse sous-marine en bois
12/ un pavillon du Zululand Yacht Club
13/ un compas de relèvement
14/ une voile de planche à voile
15/ 6 récepteurs GPS
16/ une arbalète à cormorans
17/ un lave-vaisselle à pédale
18/ un lave-linge Brandt 3 vitesses
19/ des boulettes de Gulab Jamun
20/ des jeux de cours de récréation (billes, corde à sauter...)
21/ un séchoir à jambon
22/ un guide nautique du Vanuatu
23/ du corned beef de zébu
24/ un presse-agrumes
25/ un dessalinisateur à manivelle
Et oui, on est équipés (ou pas) sur Lafko !
mercredi 3 novembre 2010
Nos rencontres à Cape Town
lundi 1 novembre 2010
Intrepid, il l’est vraiment !
Alors, comment se fait il que vous le connaissiez sans reconnaitre son nom ?
Indice : Intrepid et son couple de propriétaires ont fait le tour du monde en 24h, ils sont devenus célèbres à travers le monde entier grâce à… une baleine.
Une baleine ??
Mais oui, souvenez vous, il y a 6 mois, cette photo, vous l’avez vue :
Et ce voilier qui va bientôt démâter, c’est Intrepid ! Vous voyez que vous le connaissiez ! L’histoire est à peine croyable : Ralph et Paloma Mothes font une sortie pour le plaisir en baie de Cape Town (et c’est inhabituel, car ils sont habituellement toujours accompagnés d’élèves sur leur sloop en acier qu’ils utilisent comme école de voile). Une baleine est aperçue à proximité d’Intrepid, et sur la navette qui relie Cape Town à Robben Island (l’île qui a servi de prison à N. Mandela 19 années durant), les appareils photos des touristes enchantés se tournent vers le cétacé. Et celui-ci, contre toute attente, s’élance dans les airs et fait retomber sa masse de plusieurs tonnes sur le pauvre voilier sous les yeux ébahis des objectifs. Intrepid démâte immédiatement, la baleine (ou plutôt le baleineau d’après les spécialistes) est un peu chatouillée mais n’est pas blessée.
Heureusement Intrepid est tout comme Lafko une bonne coque en acier et ses propriétaires bien que sous le choc, n’étaient pas sur le pont à l’endroit de l’impact. Ils retrouveront en guise de souvenir des lambeaux de peau de baleine de plusieurs centimètres d’épaisseur sur le pont. Une partie est immédiatement analysée par les spécialistes du parc naturel de Table Mountain, le reste du « trophée » sèche aujourd’hui dans le salon des Mothes. Entre bateaux en acier, il doit y avoir un certain feeling. En tout état de cause, c’est justement face à un Intrepid remâté et fraîchement repeint que Lafko est venu s’amarrer. Et sans aucun doute, Ralph fait le meilleur café de pontons de mémoire de Lafko…
La Croisette, pour les bateaux du star system, c’est à Cape Town ;-)

