samedi 27 novembre 2010

Un nouveau continent pour Lafko !

L'Amérique, c'est l'Amérique qui est apparue devant nous ce matin !

Comme à chaque fois depuis notre départ de Cape Town il y a un peu plus d'un mois, c'est au lever du soleil que la silhouette de l'archipel brésilien de Fernando de Noronha s'est offerte à nous.

J'aime ce moment magique où l'on devine une nouvelle terre devant l'étrave de Lafko. Nous avons déjà parcouru plus d'un tiers du globe en longitude depuis notre départ de Malaisie, ça commence à faire un bon bout de chemin !

L'île principale est dominée par le Morro Do Pico, un majestueux pic qui rappelle le Pain de Sucre de Rio de Janeiro. C'est le premier relief que nous avons aperçu au loin. Le soleil s'est ensuite levé et nous a dévoilé les autres îles et les habitations.

Nous avons contourné l'archipel par sa pointe Nord-Est et sommes entrés dans la Baia de San Antonio. C'est alors qu'un thon jaune et une bonite se sont jetés sur nos lignes de pêche désespérément bredouilles depuis Ascension. En pleine manoeuvre d'atterrissage ! (oui, on dit comme ça :) ).

Abandonnant la carte, je me jette sur une ligne de traîne et Damien se saisit de la canne à pêche. La vitesse de Lafko empêche nos prises de trop se débattre et elles finissent rapidement dans le cockpit (la bonite aura quand même réussi à dérouler tout le moulinet de la canne !).

Guillaume prend la barre, nous installons nos 2 ancres sur le davier et mouillons assez proches de la plage.

C'est fait, Lafko vient de mettre un pied au Brésil !

Les poissons sont vidés sous l'oeil gourmand de frégates qui voltigent au-dessus de nos têtes.

Nous débarquons ensuite et sommes accueillis par un "Bonjour mes amis !" de la part de Pacheco, un des rares habitants de l'ile qui parle une autre langue que le portugais !

Ca tombe bien, il est policier militaire et c'est avec lui que nous commençons les formalités de débarquement qui sont assez strictes. On sent qu'il ne vaut mieux pas plaisanter avec les réglements...

1h30 plus tard, après une dizaine de coups de tampons, nous sommes libres :)

A nous la cuisine brésilienne pour commencer !

(J'aperçois un voilier qui arrive, pavillon français ! chouette !!)

jeudi 25 novembre 2010

Où est donc Lafko ?

Bonjour !
Lafko est dans les alizés, en train de traverser l'Atlantique Sud. Cela fait un petit bout de temps que nous n'avons pas mis à jour le blog car les Café Internet sont
rares au milieu de l'Océan.
Nous vous écrivons donc aujourd'hui grâce à notre téléphone satellite, vive la technologie !
Après des escales à Sainte-Hélène et Ascension, nous atteindrons très probablement samedi 27 novembre l'archipel brésilien de Fernando do Noronha.
Notre position est en ce moment-même de 4.16 degrés de latitude Sud et 27.21 degrés de latitude Ouest. (ah, ça a déjà bougé...)
Nous sommes donc sacrément rapprochés de l'Equateur et il commence à vraiment faire chaud !
La mer est bleue, le vent presque toujours constant en direction et en force. Nous naviguons quasiment nuit et jour sous spi, grande voile d'avant en forme de ballon.
Cette voile, jaune et bleue aux couleurs de Lafko, que nous avions peu utilisée auparavant, nous permet de maintenir une moyenne proche de 7 noeuds, soit 168 milles en
24h, ça défile au compteur !!
Nos journées et nos nuits sont rythmées par les quarts, pendant lesquels un d'entre nous est responsable de la bonne marche du bateau : cap, vitesse, réglages des voiles
et surveillance du matériel.
Et sinon, beaucoup de lecture, un peu de sieste, de bricolage, de cuisine, de jeux et de discussions ! Il y a aussi bien sûr la pêche, 4 lignes traquent en permanence la
dorade, le thazard et la bonite... Côté fruits et légumes, un régime de bananes se balance à l'arrière, vivement que ça mûrisse !
Voilà la vie sur Lafko, qui se prépare à aborder son 3ème continent !
A bientôt,
Florent, Guillaume, Damien et Jean-Christophe.

jeudi 11 novembre 2010

Swakopmund, ou la possibilité d’une île

Pour parler de la Namibie, il faut parler des hommes. Et ils sont rares dans ce pays lunaire, plus vaste que la France, qui dispute a la Mongolie, aux Iles Christmas et a l`Australie le rang de pays le moins peuplé au monde (moins de 2 hab/km2). Swakop pour les initiés, Swakopmund c’est, tout comme Lüderitz ou Walvis Bay, un peu de Bavière au milieu du désert : une enclave étonnante et rassurante entre mer et désert où, sous l’impulsion des colons allemands, sont parvenus à s’implanter des hommes. Ces villes sont sous la menace constante du somptueux mais oppressant désert Namibien. Il est omniprésent. La ville est séparée du sable par un muret à l’image d’une digue, complété d’un espace d’une dizaine de mètres terminé par une rangée d’arbustes soigneusement entretenus car cassant le vent du désert. Derrière cette frêle muraille se cache la route qui relie les hommes.

Les hommes… En Namibie, la cohabitation noirs / blancs est apaisée (en tout cas plus qu’en Afrique du Sud) malgré une histoire tourmentée. Ici, point de barrières et d’agents de sécurité devant chaque résidence. Et pourtant on se demande de quoi il est possible de vivre. C’est historiquement la volonté de disposer d’un port pour alimenter les colonies africaines qui a conduit au développement de Walvis Bay. Mais la ville sera rapidement conquise par les anglais, et les allemands ne parviendront pas à la reprendre. De dépit, ils fonderont Swakopmund un peu plus au nord. Un peu plus désert surtout.
Aujourd’hui Swakopmund vit principalement des richesses minières du désert. L’uranium et le diamant. Mais l’uranium vous me direz…. c’est un peu la France, non ? Eh oui, la langue de Molière est bien vivante à Swakop grace à l’implantation d’Areva.

Nous avons eu la chance de rencontrer quelques uns de la poignée de français en exil volontaire dans ce bout du monde. Ils ne reçoivent que peu de visites de l’hexagone, les billets d’avion (pour l’Afrique du Sud d’abord, puis une correspondance pour la Namibie) depuis l’Europe étant très chers. Mais ils ont l'enthousiasme et la flamme de ceux qui construisent le monde au fond des yeux. Paul et Béatrice sont en VIE en contrôle de gestion, Raphael est stagiaire pour un an, Benoit est ingénieur et dirige une équipe de mineurs… Tous, ils vivent une vie aux antipodes du français métropolitain moyen. La mine est à 1h45 de piste avalée chaque matin dans le bus d’entreprise. Les équipes sont multiculturelles et la concurrence (par les chinois notamment) va croissante. Le travail est dur dans ce monde sec de pierres et de machines excavatrices géantes pour fouiller la terre.
Mais pour tous, la Namibie au-delà des challenges techniques et humains, c’est aussi et surtout la vie exaltante de l’Afrique. Les couleurs sont eblouissantes : couchers de soleil enflammés sur les dunes, contrastes des ocres, jaunes et pourpres avec le vert des rares plantes...

Le charme de l’Afrique est partout, depuis les statues et tissus afros ornant les murs des constructions typées allemandes jusqu’aux rires et aux accents chantants des caissières des commerces. Les paysages sont des absolus aux noms évocateurs : côte des squelettes, delta de l’Okavango, désert du Namib, desert du Kalahari, monts du Brandberg... La variété et la beauté des animaux sauvage est elle-aussi déconcertante : impalas, autruches, koudous, coyottes, springboks et oryx vivent au milieu des dunes à l'ouest du pays et éléphants du desert et rhinoceros noirs en peuplent l'est…
Bien qu'ils ne soient pas parvenus à rapporter des magnifiques cornes torsadées des koudous (de toutes façons impossibles à importer en France), les Lafko boys l’ont testé pour vous, l'accueil des exilés de Swakopmund vaut tout l'or du monde!

Où est Lafko ? A Sainte-Hélène ! et à la radio !

Nous venons d'arriver sur l'île de Sainte-Hélène, en plein milieu de l'Atlantique Sud !

C'est un gigantesque rocher de 800 mètres de haut qui est sorti de la brume devant l'étrave de Lafko tôt ce matin !

Après presque 10 jours de très (trop ?) tranquille traversée depuis la Namibie, nous sommes heureux de mettre pied à terre !

Nous retrouvons ici l'ambiance des îles perdues qui ne sont accessibles que par la mer.

Il faut en effet 7 jours de ferry depuis Cape Town pour venir ici ! Autant vous dire que les habitants sont très contents de voir des nouvelles têtes !

Nous irons rendre visite demain à Napoléon dont la dernière demeure fut Longwood.


 Nous avons rendez-vous demain soir pour une interview sur Saint FM, la radio la plus importante de tout l'Océan Atlantique Sud !!! On nous entendra de l'ïle d'Ascension jusqu'aux Malouines :) Le début de la célébrité ?

Grande nouvelle pour nos lecteurs de l'hémisphère Nord, vous pourrez aussi nous écouter par Internet sur : http://www.saint.fm/ !
Nous ne savons pas encore à quelle heure notre interview sera diffusé. A suivre !


A bientôt et merci encore d'être si nombreux à nous suivre !

mercredi 10 novembre 2010

Grand jeu concours pendant que Lafko traverse l'Atlantique

A vous de jouer : que ne trouve-t-on pas sur Lafko ?

1/ 2 jeux de boules de pétanque
2/ un toaster
3/ un anémomètre
4/ un barbecue
5/ une tente igloo biplace
6/ un Sound System JVC
7/ un poster de Diego Forlan d’1 m sur 1.20 m
8/ un congélateur de 1 m3 220v tropicalisé
9/ une bibliothèque riche de 450 livres et 150 CD
10/ une radio BLU des années 60
11/ un fusil de chasse sous-marine en bois
12/ un pavillon du Zululand Yacht Club
13/ un compas de relèvement
14/ une voile de planche à voile
15/ 6 récepteurs GPS
16/ une arbalète à cormorans
17/ un lave-vaisselle à pédale
18/ un lave-linge Brandt 3 vitesses
19/ des boulettes de Gulab Jamun
20/ des jeux de cours de récréation (billes, corde à sauter...)
21/ un séchoir à jambon
22/ un guide nautique du Vanuatu
23/ du corned beef de zébu
24/ un presse-agrumes
25/ un dessalinisateur à manivelle

Et oui, on est équipés (ou pas) sur Lafko !

mercredi 3 novembre 2010

Nos rencontres à Cape Town

Tout a réellement commencé depuis le Royal Cape Yacht Club (RCYC), sorte d’enclave de voileux dans la ville où on se sent un peu comme à Cowes (Ile de White au Royaume Uni), à Sandhamn (Sud Est de Stockholm), ou à la Trinité-sur-Mer, sorte de « La Mecque » locale de la voile ! Dans le port, on notamment contempler Puma, le V70 d’une des dernières Volvo Ocean Race.
Dès notre arrivée, le pavillon français a été hissé pour honorer la présence du 2e bateau étranger, de quoi nous sentir directement à l’aise ! Il faut dire que peu de voileux d’autres pays viennent faire de la plaisance ici vu les conditions ; à Bonne Espérance il n’est pas rare de voir des vagues de 18 mètres et des vents qui dépassent facilement les 70 nœuds nous dit-on… Aussi, lorsque le vent n’est pas favorable, c’est soit 3 jours, soit 6 jours, soit 9 jours, soit « unlimited ». Bref avec des éléments si extrêmes, les amateurs de voile de Cape Town sont soit des régatiers qui sortent prudemment pour la journée, soit des fous des océans comme on a pu en rencontrer. Au milieu de tout cela, lorsqu’un voilier de voyage en provenance de Malaisie sous pavillon français arrive dans le port, cela éveille les curieux…
Aussi, le milieu de la voile a de bon qu’il véhicule des valeurs que nous sommes sûr d’avoir en commun avec les plaisanciers que nous rencontrons. Partant de là, la conversation devient plutôt aisée et nous n’avons pas eu trop de mal à nous faire des amis… surtout Florent, l’ambassadeur du bord, qui connaissait déjà presque tout le monde à peine le bateau à quai. Ainsi, nous y avons fait la connaissance de Sophie, Manuel, Michael, Jean, Marc, Yann, Michaela, Alexandre, Sabine, Felix, Danny, Sabine, Felix, Alan, Yannick… (je dois en oublier), Sud Africains d’origine ou d’adoption.


Attardons nous un peu sur les principaux épisodes…

Sur le tableau des petites annonces du RCYC, nous avons trouvé le message de Sophie, une française de Montpelier qui cherchait une place pour la Commodore Cup, course en voilier qui s’élance de Cape Town jusqu’à Saint Hélène, le retour s’effectuant en chargeant bateaux et équipages sur le RMS Saint Helena, un cargo assurant la liaison entre Londres, Saint Hélène et Cape Town deux fois par mois.
Nous lui avons donc glissé un email pour faire sa connaissance ; Sophie n’a pas tardé à répondre. Le lendemain, elle débarquait sur Lafko. 5 jours plus tard, elle posait sa démission pour nous rejoindre et naviguer avec nous vers la Namibie ! Entre temps, elle nous a permis de découvrir Cape Town avec son Opel Corsa rouge 3 portes, gentes alu ! Nous nous promenions donc à 4 derrière, ce qui n’a pas manqué de faire rire tous les gendarmes que nous avons croisé (visiblement on ne verbalise pas pour ce genre de choses ici).
Manuel est Angolais. A l’âge de 15 ans il a quitté son pays. Deux tours du monde à la voile en solitaire à son actif, durant sa carrière il s’est occupé d’un chantier naval à Cape Town, qui a construit le Class America Sholshoza qui a couru il ya quelques années. Aujourd’hui à la retraite il s’occupe d’une école de voile pour les enfants des townships (quartiers populaires). Le principe est simple ; si les enfants viennent à l’école publique le matin, alors ils sont accueillis à l’école de voile l’après midi.
Il converse avec nous en français, décroche son téléphone en Italien, charrie ses amis en anglais… bref, on oublierait que le portugais est sa langue natale. Et pourtant il reste d’une humilité exemplaire. Un cœur en or, il nous a permis de découvrir la réserve naturelle de Cape Point, en promenant dans son pick up « le Team Lafko » … toujours en version 4 à l’arrière.
Nous avons retrouvé Intrepid, le bateau qui s’est fait attaqué par un bébé baleine en Juillet 2010. Cette histoire n’était donc pas un montage pour ceux qui ont vu la vidéo sur Internet et qui doutent encore. Ralph son skipper est vraiment super sympa. Il s’est fait contacter par des médias du monde entier pour raconter son histoire, alors qu’il ne demandait rien à personne… ce qui l’amuse beaucoup. On peut se demander comment se fait il qu’il y a des photos de l’évènement ; au moment où l’accident est arrivé, un ferry plein de touristes sortait justement du port de Cape Town, donc plutôt facile de couvrir l’évènement.
A plusieurs reprises Ralph est venu partager un petit café à bord de Lafko ; à ces occasions il a notamment évoqué les cours de voile qu’il propose à Cape Town : capetownsailing.co.za
Et puis il y a les autres, rencontrés dans Cape Town… Alors que nous nous baladions sur Long Street nous sommes rentré dans une petite boutique de souvenirs tenue par un congolais qui a fuit son pays devant les troubles politiques. A l’étage se tenait une soirée, nous sommes donc montés jeter un œil. Entrée payante ? Après petite discussion, nous entrons à l’œil dans la salle. Sur la quarantaine de personnes présentes nous étions les seuls blancs ! Qu’importe, nous avions décédé d’y prendre une bière… simple petite mousse qui s’est transformée en soirée Hip Hop inoubliable ! Concours de free style, on appelle cela comme on veut mais on a bien rigolé, Yannick, ses potes et la bande de « French sailors ».

Certes, pendant cette semaine à Cape Town, l’activité du Lafkoboy a (entre autres) consisté à se faire offrir des bières au bar du Royal Cape Yacht Club, mais pas uniquement… Les travaux ont bien continués : réparation de la Grand Voile, changement d’un bas hauban, ponçage de la rouille du puits de dérive, peinture du tableau arrière, remise en place du hale bas de bôme,… le tout avec les éternels problèmes de virement bancaires entre deux comptes à l’international nécessaire pour payer certaines prestataires.

Lancement de la procédure de sortie de territoire : Port Control, Immigration, Customs… Ca y est, il est temps de quitter Cape Town pour poursuivre notre route… Bye bye South Africa !

Jean-Christophe

lundi 1 novembre 2010

Intrepid, il l’est vraiment !

Intrepid… ce nom ne vous dit peut être rien, et pourtant ce voilier est très probablement le plus connu au monde. Plus que le Belem, plus que le Spray de Joshua Slocum, plus que le Pen Duick de Tabarly, plus que DOGzilla, le monstre américain de la dernière coupe de l’America, et sûrement plus même que Lafko (bon, peut être, mais un tout petit peu plus seulement, alors).
Alors, comment se fait il que vous le connaissiez sans reconnaitre son nom ?
Indice : Intrepid et son couple de propriétaires ont fait le tour du monde en 24h, ils sont devenus célèbres à travers le monde entier grâce à… une baleine.
Une baleine ??
Mais oui, souvenez vous, il y a 6 mois, cette photo, vous l’avez vue :



Et ce voilier qui va bientôt démâter, c’est Intrepid ! Vous voyez que vous le connaissiez ! L’histoire est à peine croyable : Ralph et Paloma Mothes font une sortie pour le plaisir en baie de Cape Town (et c’est inhabituel, car ils sont habituellement toujours accompagnés d’élèves sur leur sloop en acier qu’ils utilisent comme école de voile). Une baleine est aperçue à proximité d’Intrepid, et sur la navette qui relie Cape Town à Robben Island (l’île qui a servi de prison à N. Mandela 19 années durant), les appareils photos des touristes enchantés se tournent vers le cétacé. Et celui-ci, contre toute attente, s’élance dans les airs et fait retomber sa masse de plusieurs tonnes sur le pauvre voilier sous les yeux ébahis des objectifs. Intrepid démâte immédiatement, la baleine (ou plutôt le baleineau d’après les spécialistes) est un peu chatouillée mais n’est pas blessée.
Heureusement Intrepid est tout comme Lafko une bonne coque en acier et ses propriétaires bien que sous le choc, n’étaient pas sur le pont à l’endroit de l’impact. Ils retrouveront en guise de souvenir des lambeaux de peau de baleine de plusieurs centimètres d’épaisseur sur le pont. Une partie est immédiatement analysée par les spécialistes du parc naturel de Table Mountain, le reste du « trophée » sèche aujourd’hui dans le salon des Mothes. Entre bateaux en acier, il doit y avoir un certain feeling. En tout état de cause, c’est justement face à un Intrepid remâté et fraîchement repeint que Lafko est venu s’amarrer. Et sans aucun doute, Ralph fait le meilleur café de pontons de mémoire de Lafko…
La Croisette, pour les bateaux du star system, c’est à Cape Town ;-)

samedi 30 octobre 2010

Bien arrives a Walvis Bay jeudi soir !

Nous retrouvons tout juste un acces Internet et sommes en train de
visiter le desert namibien !

Depart pour Sainte-Helene dimanche soir ou lundi !

A bientot sur Lafko,

Florent

mardi 26 octobre 2010

Pas de grèves sur Lafko

Pendant que les presses étrangères se passionnent pour les grèves françaises comme elles pourraient le faire pour un match entre Birch et Malinovski, sur Lafko il n’ est pas question de baisser la garde. Cape Town est en effet le dernier port « civilisé » avant ceux du continent américain où Lafko pourra se refaire une beauté : de vrais cat ways, 2 voiliers (Quantum et North Sails), 1 rigger et pas moins de 3 shipshandlers (si, si !)… en quelque sorte le paradis des bonnes coques comme la notre qui bourlinguent autour des océans.
Nous en profitons donc pour faire refaire par le « rigger » les 2 galhaubans qui supportent le premier étage de barres de flèches. Le babord a fait l’ objet d’ une réparation épique aux Maldives (voir article de Fred sur le sujet), avec un cable de 10mm en remplacement du 8 d’ origine. Depuis, le tribord commençait à montrer des signes de faiblesses. Un remplacement des 2 câbles avec du 8 mm de série et des embouts Northman adaptés est donc effectué lundi dernier.
Deuxième chantier majeur, la voilerie. Lafko doit poursuivre son tour avec un « moteur » fiable. Or nous avons à bord un mélange de voiles :
- 1 spi Rolly Tasker de 111 m² à chaussette acheté à Phuket, encore neuf
- 1 tourmentin, bon état
- 1 foc de brise, bon état
- 1 génois (blanc) sur enrouleur, bon état (à poste)
- 1 autre génois (jaune), déchiré au large du Mozambique le long de la bande anti UV sur toute la longueur
- 1 unique GV à poste, avec 4 lattes manquantes (les 4 supérieures) sur 5 et des débuts d’ usure prononcée.
Il fallait donc refaire un lifting à l’ acteur principal de notre traversée, notre Grand Voile. Et voilà donc chose faite, la GV dispose maintenant des 5 vraies lattes réglables, de coutures reprises et de renforts adéquats (de la sangle cousue sur les goussets pour limiter les effets du ragage de la voile aux allures portantes sur les galhaubans). En revanche, après inspection et avis d’ experts, le vieux génois ne pourra être récupéré pour faire une voile d’ une surface inférieure comme nous l’ espérions. La voile est trop fragile : les UV ont trop affaibli la toile sur la chute pour pouvoir la réutiliser.
Mais ce n’ est pas tout. Si Lafko a sous traité, les Lafko boyz ont eux aussi trimé :
- le chantier voilerie encore : pour le génois, c’ est donc uniquement celui à poste qui aura droit à une amélioration : il se voit gratifié d’ un nouveau bout d’ enrouleur. Quant à la GV, elle a droit à une réparation de son hale-bas pousseur à grand coups de rivets (cassé depuis plusieurs mois, il pendait lamentablement laissant tout le travail de support de la bôme à quai à la balancine !).
- vient après le chantier peinture, avec la reprise de peinture du tableau arrière,
des retouches sur le pont, la mise au blanc du mât de la nouvelle éolienne (au passage : une pure merveille, cette éolienne, silencieuse, puissante… un rêve de
tourdumondiste !), la mise à nu du dessus des coffres à plomb au niveau de la dérive et 2 couches d’ antirouille…
- le chantier électricité ensuite : fixation des câblages volants, reprise du néon capricieux du coin cuisine, mise en place d’ une alimentation 12V extérieure, achat d’ un convertisseur 12V/220V de secours…
- le chantier divers travaux enfin : reprise de la fixation des panneaux solaires, amélioration du fonctionnement de notre chère gazinière Primus (débouchages de buses, nettoyage), check up du niveau batteries, recherche de fuite dans les fonds (au final un simple déversement du trop plein du tank à eau), et enfin remplacement des 2 poignées de capots cassées par des nouvelles.

On ne chôme donc pas sur Lafko, car en parallèle se conduit aussi la préparation au départ : avitaillement pour 50 jours, remplissage de tous les bidons d’ eau et enfin plein de gasoil (les pompistes ne font pas grève mais ne sont pas légion au milieu de l’ Atlantique). Mais comme les Lafko boyz sont tout de même un peu solidaires de l’ ambiance mai 68 en France, une 2è guitare à fait son apparition à bord !

samedi 23 octobre 2010

Izivunguvungu sailing school, du vent dans les townships

Manuel Mendes est un marin atypique. Une vraie tête barbue de père noël (si, si, il existe, nous l’ avons rencontré : il a les yeux bleus océan et habite à Cape Town), 2 tours du monde en solitaire pour ce portugais né en Angola, des participations à presque toutes les grandes courses internationales et la création d’ un chantier naval à Cape Town constructeur/importateur J boats (dont un des derniers faits remarquable est la construction de Team Shosholoza, le bateau de la coupe de l’ América 2007 pour l’ Afrique du Sud), la remontée de l’ Afrique en solitaire sur les traces de Bartolomé Dias sur un 26 pieds…
Mais Manuel, c’ est surtout un cœur en or.



A peine arrivés au Cap, il nous accueille accoudé au bar du Royal Cape Yacht Club avec son bagout unique (il parle couramment anglais, portugais, italien, français, grec… au moins, parmi ce que nous avons pu vérifier !) et une tournée générale de Jameson et de Windhoeck (prononcer winteuk) ou Black Label (les bières locales). Et nous emmène pour notre journée de break faire le tour du parc naturel de Bonne Espérance et Table Mountain à 6 dans son pick-up. L’ occasion de faire connaissance avec les curiosités locales dans un cadre somptueux : les manchots du Cap, les babouins chapardeurs, les tortues de terre, les fous du Cap – magnifiques oiseaux proches de nos fous de Bassan -, les familles d’ autruches et les otaries… et bien sûr, la Protéa, belle plante grasse aux fleurs jaunes qui sont à l’ Afrique du Sud ce que la fleur de lys est à notre douce France.

Mais Manuel ne se contente pas d’ être le meilleur des guides touristiques : il nous emmène à Simon’ s Town visiter l’ école de voile qu’ il a créé avec Ian Ainslie, le barreur de Team Shosholoza et célèbre match racer de rang international). C’ est une histoire magnifique qu’ il nous raconte à mots couverts, presque pudiquement. En voyant que le désœuvrement des
jeunes des townships, il a eu l’ idée de leur proposer un apprentissage de la vie par la voile.
Et après quelques années, les résultats sont là : cette année, les jeunes Sud-Africains des Simon’ s Town après avoir passée avec succès les qualifications nationales, sont parvenus à réussir l’ exploit d’ arriver 5è aux championnats de 420 avec un budget digne de Rastarocket.


Le principe en soi est simple. Les enfants des écoles les plus modestes, de catégorie C (l’ école publique est obligatoire pour tous en Afrique du Sud, mais se divise en 3 catégories en fonction des revenus parentaux : A, B et C), n’ ont cours que par demi journées. Les après midi dans les townships sont donc très libres… et donc très désœuvrées.
Izivungu sailing school offre un repas à midi après le ramassage scolaire de la trentaine d’ enfants qui suivent quotidiennement les cours sur l’ eau. 3 moniteurs prennent alors en charge la meute pour leur enseigner tout d’ abord les rudiments de la voile sur optimist, puis sur 420 et enfin sur J22 et autres quillards de régate. Les jeunes apprennent aussi l’ art de la voilerie, réparent eux-même leurs mâts et bateaux et fabriquent même des nouvelles coques.

Le WE, c’ est au tour des parents de venir découvrir ce que vivent leurs enfants sur l’ eau. Il faut imaginer ce joyeux capharnaüm de familles entières engoncées dans leurs gilets (la plupart ne savent pas nager) sur la mer jolie dans de frêles dériveurs. Du mouron pour les moniteurs mais des moments extraordinaires pour tous !
Aujourd’ hui Izivunguvungu (qui signifie « vent fort et soudain en Isizoulou ») poursuit son développement sous l’ impulsion conjuguée de sa réputation grandissante (les enfants sont les nouvelles terreurs des circuits malgré des budgets ridicules), de la volonté de ses fondateurs, de la noblesse de la cause, et enfin grâce à ses anciens élèves désormais jeunes ingénieurs, maitres voiliers ou skippers professionnels en Afrique du Sud et en Europe. Mais Izivunguvungu a aussi besoin de soutien. Lafko supporte donc cette belle cause.
A vous de faire de même ! Voici donc le lien vers leur site internet : http://www.izivungu.co.za (voir la partie "contact"). Donate now !

jeudi 21 octobre 2010

Cap au Nord ! et à bientôt !

Lafko partira demain en direction de la Namibie, quasiment plein Nord.

Nous aurons donc passé plus d'un mois en Afrique du Sud, un pays qui ne peut laisser que de forts souvenirs tant il est plein de contrastes.

Tout d'abord, et particulièrement en y arrivant en voilier, on comprend vite qu'ici, on ne plaisante pas avec la nature.

Elle est la plus forte, elle est indomptée. On nous parle de vagues de 18 à 20 mètres, de vents de 80 nœuds, de 26 jours d'attente pour passer Bonne Espérance et de naufrages en série...

A terre, dans ce pays grand comme 2 fois et demi la France, on trouve presque tous les paysages, de grandes dunes de sable, de la savane et de la brousse, des forêts verdoyantes et des montagnes enneigées.

Singes et autruches, rhinocéros et éléphants, lions, guépards et léopards, antilopes et zèbres, baleines, phoques, dauphins et pingouins sont à portée de la main pour nous émerveiller.

Et bien sûr, il y a les femmes et les hommes qui font ce pays. C'est là que tout se complique et il serait bien impossible de tout résumer dans cet article.
L'histoire est pesante, les conflits anciens et présents se font durement sentir.

Ayant uniquement visité les régions côtières, notre vision est forcément incomplète. Il faut ajouter à cela, qu'hormis quelques exceptions, tous les Sud-Africains que nous avons rencontrés sont des Blancs et très souvent des hommes.

En Afrique du Sud, on parle ouvertement de couleurs de peau, d'origine ethnique et de religion. C'est nécessaire pour comprendre le pays.

Majoritaires à plus de 80%, les Noirs sont des Zoulous, des Xhosa, des Swazi, des Ndebélé, des Tswana, des Sothos, des Tsongas ou encore des Vendas. Ces distinctions sont parfois contestées du point de vue anthropologique.

Les Blancs (Afrikaners, Anglophones et autres) comptent pour 9%, les Métis pour 8% et les Asiatiques (Indiens et Chinois) pour les 3% restants. Les Afrikaners sont les premiers colons européens, fondateurs de la ville du Cap en 1652. Ils sont majoritairement d'origine hollandaise, mais aussi allemands et français et tous protestants. Les Anglophones sont les descendants des Anglais qui ont progressivement conquis le territoire à partir de la fin du XVIIIème siècle.

C'est ainsi que les 50 millions d'habitants du pays parlent une ou plusieurs des 11 langues officielles.

Le régime de l'apartheid ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Apartheid_en_Afrique_du_Sud ) et sa politique de séparation raciale instaurée de 1948 à 1991 n'ont fait qu'officialiser et renforcer une réalité déjà vieille de plus de 3 siècles.

Ce pouvoir absolu et atrocément injuste d'une population blanche de plus en plus minoritaire ne pouvait continuer. Nelson Mandela, après 47 ans de lutte dont 27 passés en prison, aura l'immense sagesse d'appeler à la réconciliation entre Blancs et Noirs pour éviter la guerre civile. Tous nos interlocuteurs sont unanimes sur ce point, Mandela est bien le sauveur du pays.

Mais les conflits sont toujours bien présents.

Entre Zoulous et Xhosas, historiquement rivaux, par exemple. C'est aujourd'hui Jacob Zuma, un Zoulou, qui préside le pays, alors que Mandela et les principaux leaders de l'ANC étaient des Xhosas. ( http://www.libertepolitique.com/la-paix-des-nations/5300-afrique-du-sud-la-revolution-zoulou- ) Ces conflits se ressentent aussi bien sûr dans les townships, ghettos créés par l'apartheid, où la guerre des gangs fait des ravages.

Entre Anglophones et Afrikaners, jamais vraiment réconciliés après les 2 guerres anglo-boers.
Des Afrikaners nous diront ainsi :
"Les anglais ont inventé les camps de concentration, ils n'ont jamais présenté d'excuses pour ce qu'ils nous ont fait." ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_Guerre_des_Boers#Les_camps_de_concentration )

"This place is very Afrikaans." diront 2 jeunes anglophones de notre âge en arrivant à un barbecue.

Première puissance économique africaine, l'Afrique du Sud est un pays très riche en matières premières et doté d'infrastructures qui n'ont rien à envier à l'Europe.

Les richesses y sont cependant très mal redistribuées et la pauvreté touche une grande partie des populations noires. Le taux de chômage atteint les 35% et l'analphabétisme, 40%.

On assiste aussi à un phénomène surprenant, l'exode des Blancs. Il y aurait aujourd'hui environ 2000 sud-africains blancs qui quitteraient le pays tous les mois, principalement des Afrikaners ( http://www.cyberpresse.ca/international/afrique/201006/23/01-4292587-exode-massif-des-sud-africains-blancs.php et
http://www.cyberpresse.ca/international/afrique/201006/23/01-4292578-les-refugies-blancs-dafrique-du-sud.php )

L'un d'entre eux, au chômage, me dira : "I've got the wrong skin color and I speak Afrikaans, I won't get a job anymore".
Nous avons aussi rencontré dans l'Océan Indien plusieurs couples sud-africains ayant quitté le pays pour vivre leur retraite sur leur bateau.
Il semblerait que la sécurité soit la première raison de cet exode. On compte en effet plus de 50 meurtres par jour et chaque groupe vit dans des camps retranchés entourés de barbelés et gardés par des vigiles.

A Richard's Bay, dans le Zululand, nous avons pu ressentir la pression qui pèse sur ces populations blanches. Nous avions le sentiment, partagé avec d'autres navigateurs étrangers, que les Afrikaners vivaient en sursis.
A Cape Town, la vie semble différente, plus apaisée, bien que chaque personne rencontrée nous ait dit s'être fait voler un auto-radio, un sac à mains ou cambrioler.
Johannesburg, que nous n'avons pas visitée, est bien pire puisque des rues entières sont transformées en bunkers...

Malgré ce tableau bien triste, l'Afrique du Sud est un pays qui attire. Chacun d'entre nous a au moins une fois imaginé s'y installer. Cape Town, en particulier, nous a semblé être un bout d'Europe où l'aventure est encore possible ! La forte communauté française qui y vit ne s'est certainement pas trompée. A suivre donc...

C'est très certainement en grande partie l'hospitalité des Sud-africains rencontrés qui nous a donné cette envie.

Nous sommes dans un pays de marins et c'est une première pour Lafko. C'est un plaisir de trouver des personnes qui savent ce qu'est un voilier et qui comprennent ce dont nous avons besoin. Nous avons pu effectuer ici beaucoup de travaux sur Lafko qui s'est rarement porté aussi bien ! A chaque escale, nous avons été très bien accueillis ( et désaltérés...) par des gens serviables et amicaux qui nous ont énormément aidés et fait visiter leur pays.

Alors merci ! Merci, merci et encore merci à tous les Sud-Africains rencontrés de Richard's Bay à Cape Town en passant par East London et Mossel Bay ! et à bientôt !

mercredi 20 octobre 2010

Lafko TV @ Cape Town

La Lafko TV clôture l'épisode Cape Town avant de passer au chapitre Namibie.
Que de rencontres dans cette ville pleine de contrastes...

Jean-Christophe

samedi 16 octobre 2010

Lafko TV, de Mossel Bay à Cape Town !

Avec l'arrivée de Jean-Christophe, Damien et Guillaume, Lafko fait le plein de nouveaux talents !

Voici donc un aperçu de notre vie à bord grâce à Jean-Christophe, le mediaman du bord !

mercredi 13 octobre 2010

Lafko dans l'Atlantique !

13 octobre 2010. 17h07 Local Time. 34°57 de latitude Sud, 20°00 de
longitude Est, Lafko vient d'entrer en Atlantique.
Le fameux Cap des Aiguilles est franchi, la pointe Sud de l'Afrique, 6
mois jour pour jour après le départ de Port Dickson en Malaisie.
Toujours en mer, nous faisons route vers le légendaire Cap de Bonne
Espérance, à 85 milles d'ici, que nous atteindrons demain jeudi au petit
matin.
Nous laissons donc l'Indien dans le sillage de Lafko.
Malaisie, Thaïlande, Andaman, Maldives, Chagos, Maurice, Réunion,
Madagascar et Afrique du Sud, autant d'escales riches en souvenirs et en
rencontres !
Nous sommes maintenant 5 à bord, Franck, Florent, Damien, Jean-Christophe
et Guillaume.
A nous l'Atlantique !

lundi 11 octobre 2010

Escale sauvage


C'est bien joli la mer, les baleines, les dauphins, les fous du Cap, les otaries et les pingouins...

Mais en Afrique, les terres réservent aussi de bien belles surprises. Nous avons donc profité de notre escale à East London pour visiter une réserve animalière : Addo Elephant Park.

Des grues bleues, des kudus, des bousiers, des rhinocéros (pas vus !), des buffles et bien sûr des lions et des éléphants !

 Nous avons dormi dans une auberge de jeunesse tenue par des Suisses qui ressemblait plutôt à un joli hôtel ! Ah qu'il est bon de se réveiller dans un vrai lit :)

 Cliquer sur les photos pour les voir en plus grande taille !



samedi 9 octobre 2010

Et hop, l'éolienne est de retour !

Ca y est, nous avons profité d'une escale prolongée à Mossel Bay pour monter notre nouvelle éolienne !

Achetée d'occasion à Diego Suarez, elle a commencé sa vie en Bretagne avant de rejoindre le jardin d'une maison malgache.
Et c'est maintenant sur le portique de Lafko qu'elle trône.

Moteur, ça tourne ! Promis, on essaiera de ne pas la perdre :)

Pour les curieux, c'est une Rutland 913, elle démarre avec assez peu de vent, est plutôt silencieuse et produit jusqu'à 400 watts. On va pouvoir ré-écouter de la musique ! Qui se charge de la boule à facettes ?

Pour le mât, c'est du recyclage, merci à Schalch, bricoleur de génie et voisin de ponton, qui nous a bien aidé pour le terminer !

mercredi 6 octobre 2010

Où est Lafko ?

Lafko est arrivé mardi 4 octobre à Mossel Bay, escale mythique entre l'Indien et l'Atlantique.

C'est en effet ici que Bartolomée Dias s'est arrêté en 1488 pour la première escale d'un navire européen dans l'Océan Indien !

On y trouve le fameux Post Office Tree qui sert de boîte aux lettres pour marins depuis 1500. Les navires de passage relevaient le contenu de la boîte et emmenaient les nouvelles vers l'Europe et les Indes.

Les cartes postales sont parties !

(Pensez à lire les 3 articles précédents, nous avons enfin mis à jour le blog !)

La descente vers le Sud et le passage du Transkei

Lafko est donc parmi les premiers à descendre plus au Sud, oui, cette fois-ci, nous sommes un peu tôt dans la saison. C'est normalement en plein été, soit décembre ou janvier, qu'il faut passer cette côte redoutée des navigateurs...

A Langkawi en Malaisie, un couple de français nous avait dit "fin septembre, début octobre ? mais vous êtes fous, il y a une dépression tous les 2 jours dans ce coin-là"...

Thierry, sur King Kong, rencontré aux Chagos, nous disait "je vais passer début octobre, des français installés au Cap m'ont dit que c'était possible".

A Madagascar, un couple de Sud-Africains relativise les choses : "Bad weather can hit you any time"... Le mauvais temps peut frapper n'importe quand ! En résumé, il n'y a pas de bonne saison pour passer ! Alors allez-y et soyez prudents ! Et ils ajoutent qu'avec le réchauffement climatique, on ne peut plus rien prévoir :)

Les instructions nautiques pour l'Océan Indien indiquent "The passage around the Cape is one to be treated with respect. For most people the worst bit of the trip is Durban to Port Elizabeth".

Nous découvrons peu à peu ce qui nous attend et comment préparer ce passage délicat.

930 milles nautiques de Richard's Bay jusqu'à Cape Town, 7 jours de navigation normale ou bien un mois et demi d'après un expert maritime rencontré avant le départ de France...

Et surtout 250 milles sans arrêt possible entre Durban et East London, c'est le Transkei, une côte bordée de falaises et parsemée d'épaves...

La carte y indique "Abnormal waves of up to 20 metres in height may be encountered."
Les vagues scélérates. Celles qui retournent d'un coup les navires. 20 mètres de haut, des immeubles de 5 étages qui déferlent... Elles sont créées par le fameux courant des Aiguilles qui peut aller jusqu'à 6 noeuds vers le Sud-Ouest. Lorsque le vent souffle à 30-40 noeuds contre ce courant, la mer lève très rapidement et c'est cette situation qu'il faut éviter à tout prix.

Mais ce courant est aussi notre plus bel allié, dans de bonnes conditions, il nous fera traverser très vite cette zone dangereuse en ajoutant sa propre vitesse à celle de Lafko.

Au fur et à mesure de nos discussions au bar du Yacht Club, nous recueillons les conseils des locaux et des autres voyageurs. Il y a d'abord ceux qui attendent décembre, cela fait un an ou 6 mois qu'ils sont là et ils prennent leur temps pour visiter ce magnifique pays qu'est l'Afrique du Sud. Ils ont le temps. Ce n'est pas notre cas.

Et il y a ceux, souvent sud-africains, qui disent que c'est possible en analysant bien les systèmes météo. Le vent alterne ici entre le Nord-Est portant pour descendre au Sud et le Sud-Ouest contre lequel il ne faut absolument pas se retrouver.
Rarement en-dessous de 25 noeuds dans les 2 sens, le vent changement de direction en moins d'une heure et les vagues suivent ensuite.

Dean, un jeune skipper, résume assez bien la situation "If there is any West, don't go man !"
Il faut donc 2 ou 3 jours continus de vent de Nord-Est ou d'Est. C'est ce qu'on appelle la "fenêtre météo". Il faut l'optimiser au maximum en quittant le port avant que le coup du Sud-Ouest ne soit terminé pour profiter pleinement du Nord-Est qui arrive.
On conseille aussi bien sûr d'observer les variations de son baromètre pour prévoir le bascule du vent. Celui de Lafko indique en permanence "Beau temps" :) C'est bon pour le moral et la déco du carré... Pour la météo, un peu moins...

Monny, un des bricoleurs du chantier, nous dit d'observer le coucher du soleil. Si celui-ci est rouge sang, le vent va passer au Sud-Ouest au petit matin. C'est le front froid qui arrive, il faut alors se réfugier dans un port le plus vite possible. Nous avions déjà observé cela au large du Mozambique, juste avant de déchirer notre vieux génois... L'expérience rentre...

Un soir de fête, Joe, un ingénieur de 28 ans ayant travaillé dans une des équipes de la Coupe de l'America, vient nous offrir un verre. Il aborde gravement le sujet de notre départ. Ca ressemble beaucoup à un avertissement : "Listen to me, my friends. This is one of the deadliest coastlines in the world, but with respect, you can go anywhere ! Let's drink to that !" On murmure doucement qu'il y a ici plus de naufrages qu'au Cap Horn... Il y a aussi plus de navires qui passent !

Len, dont le fils s'entraîne pour les championnats du monde d'optimist (à Langkawi cette année !), nous dira aussi : "Don't push your luck too hard !" Il pense que nous devrions faire une étape à Durban pour avoir une fenêtre météo plus certaine.

Il y a de la crainte dans les regards. Ces hommes naviguent ici et connaissent la mer, ce sont nos meilleurs conseillers.

Pendant notre séjour à Richard's Bay, nous repérons plusieurs fenêtres météo possibles. Certaines se décalent, d'autres raccourcissent. Je recueille tous les jours différents avis, certains m'abordent pour me donner leur opinion.

Une grosse tempête de Sud-Ouest est annoncée pour le dimanche 26 et le lundi 27 septembre, nous nous disons qu'il faudrait partir immédiatement après. Force 8 dans le port, tout s'envole et ça tire sur les aussières !

Tout le monde me confirme que mardi 28 est une bonne fenêtre météo pour partir.

J'entame donc les formalités de départ. On ne m'a jamais demandé autant de choses ! Je dois dessiner Lafko et en indiquer les couleurs. Endroit comme envers... Il faut aussi donner les numéros de série du radeau de survie et du moteur... Au cas où...
Je signale East London comme destination. Et c'est parti au matin du mardi 28 !

Lafko file entre 8 et 9 noeuds dans le bon sens sans faire souffrir le gréément ! Conditions parfaites mais on sent que la mer est hostile et qu'il faut passer rapidement !

Toute la journée de mercredi, les milles défilent à grande vitesse, Durban est déjà loin derrière !

Nous entamons la deuxième nuit de navigation et en récupérant un fichier météo, nous voyons que le vent va changer de direction vers 5h du matin !

Nous prenons donc la décision de nous rapprocher de la côte. Vers 5h, effectivement, le vent baisse, les prévisions étaient correctes ! Nous sommes tous proches d'East London, mais déjà le vent tourne.

Nous mettons au moteur pour avancer contre le vent et entrer vers 7h, ce jeudi 30 septembre dans la Buffalo River, le port d'East London.

Ouf, nous sommes à l'abri et le Transkei est passé !

Lancement d'une tradition ?

Il est dans l'Atlantique, une tradition parmi les navigateurs. Laisser sa marque en peinture et en couleurs !

Les murs du port de Horta sur l'île de Faial aux Açores sont couverts des logos de tous les navires qui y passent depuis un bon demi-siècle.

Les quais de Funchal à Madère le sont aussi, nous y avons d'ailleurs laissé le logo de Cacique il y a 2 ans.

Alors, pourquoi ne pas lancer l'idée à Richard's Bay qui représente la fin de l'Océan Indien pour beaucoup ? Et aussi le passage du Cap de Bonne Espérance dans l'autre sens.

Je m'en vais donc en demander la permission au Commodore du Yacht Club qui accepte sans hésiter !

C'est parti ! Damien, l'artiste peintre du bord, se met à l'oeuvre et je me charge de promouvoir l'idée auprès des autres voyageurs qui sont vite enthousiasmés !

Bleu et jaune, un canoé à voile pour rappeler nos chers indiens patagons, voici notre logo !

A suivre donc, un correspondant sur place nous enverra les photos des logos suivants.

Zululand Yacht Club, un accueil fantastique !

Mardi 14 septembre au coucher du soleil, Lafko entre au Zululand Yacht Club à Richard's Bay.

Les voiliers de passage doivent s'amarrer sur le "Wall". Franck termine la manoeuvre à la barre, je prépare les aussières et sur le "Wall", un père et son fils nous hèlent :

"Bonjour, welcome to the first international visitors of the season !"

Franck et moi sommes un peu surpris, nous sommes donc les premiers voyageurs à arriver ici de l'autre côté de l'Indien. Vous vous en rappelez certainement, Lafko était "the last yacht of the season" lors de notre départ des Iles Andaman fin mai ! Cela nous avait valu une mémorable traversée dans la mousson...

Lafko à peine à quai, nous sommes déjà invités au bar du yacht club où le commodore nous offre des bières bien fraîches. 6 ou 7 géants sud-africains entament gaiement la conversation avec nous, notre voyage, notre bateau, tout y passe...

L'accueil est formidable, mais Franck et moi sommes lessivés par la traversée depuis Madagascar et avons grand peine à tenir la conversation. Nos hôtes le comprennent heureusement vite. 2 bonnes pièces de boeuf de 500g nous requinquent un peu et nous filons dormir !

Le lendemain, Damien rejoint le bord, il nous accompagnera jusqu'au Brésil, bienvenue !

Nous passerons finalement 2 semaines au Zululand Yacht Club. Nous en profitons pour faire des travaux sur Lafko, petits bricolages et surtout sablage du pont pour éliminer la rouille et le repeindre d'un blanc étincelant !



C'est également l'occasion de fêter l'arrivée du printemps dans l'Hémisphère Sud !
 
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